Il y a 22 ans, l'entrée en vigueur de l'Accord de libre-échange nord-américain marquait un tournant dans la politique commerciale des trois pays. Mais devant une concurrence économique internationale qui s'intensifie, les bonnes années de l'ALENA semblent maintenant loin derrière.

Un texte de Marc Godbout

D'un accord qui était avant-gardiste au moment de sa signature, il semble maintenant dépassé.

Remettre à l'avant-scène l'ALENA s'est avéré difficile, voire presque impossible, lors des sommets précédents. Les dernières années n'ont pas permis de redonner un élan aux relations commerciales trilatérales. Résultat : l'ensemble nord-américain perd en compétitivité par rapport à d'autres régions comme l'Asie et l'Europe.

L'ALENA sous tension

L'intégration économique de 1994 n'allait pas empêcher une métamorphose du commerce mondial et la multiplication de traités bilatéraux, régionaux et multilatéraux.

Les États-Unis, le Canada et le Mexique ont chacun de leur côté opté avant tout pour la diversification des partenaires commerciaux en signant une série d'accords avec d'autres pays. Cela a-t-il permis de détourner l'attention quant au besoin d'un nouvel élan? Peut-être.

Peu importe, ils sont nombreux comme Gordon Ritchie, l'un des architectes de l'accord de libre-échange canado-américain, à croire plus que jamais en la nécessité de moderniser et d'approfondir l'ALENA, surtout que de nouvelles réalités lui ont mis du plomb dans l'aile.

Aux défis associés à la sécurité sont venus s'ajouter ceux d'une économie en pleine évolution. Il y 22 ans, on était bien loin de l'ère numérique. Tout un pan de la nouvelle réalité échappe à l'accord.

De plus, des dossiers bilatéraux pour le moins litigieux ont assombri les efforts visant une dynamique trilatérale effective. Les différends sur le bois d'œuvre ont mené à des imbroglios juridiques et bureaucratiques remettant en cause les mécanismes de règlement prévus dans l'ALENA.

D'ailleurs, faut-il s'étonner que, 22 ans après l'entrée en vigueur du traité, un cinquième conflit du bois d'œuvre pointe à l'horizon?

Sécurité à tout prix, commerce ensuite

Si les questions de sécurité aux frontières ont pris le dessus depuis une quinzaine d'années au détriment du commerce, la possibilité d'une réouverture du traité économique n'a dominé qu'un seul rendez-vous des « Trois amigos » : celui de 2008 à La Nouvelle-Orléans, sommet présidé par George W. Bush, son dernier.

Avec l'arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche, remettre à l'avant-scène l'ALENA devenait quasi impossible, car le traité n'a jamais été populaire auprès de la base démocrate.

Aux États-Unis, l'ALENA a le dos large et le président Obama a toujours eu plus à perdre qu'à gagner en se montrant trop amical avec ses partenaires.

Bientôt, ce sera à son tour de céder sa place. Et avec une nouvelle administration à Washington, peu importe laquelle, les perspectives de faire évoluer l'ALENA s'annoncent toujours peu probables, à court et à moyen terme.

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