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L'ambassade américaine sera à Jérusalem « avant la fin de l'année prochaine » - Mike Pence

L'ambassade des États-Unis en Israël ouvrira ses portes à Jérusalem dès 2019, donc plus tôt que ce qui était anticipé jusqu'ici, a annoncé lundi le vice-président américain Mike Pence, dans un discours prononcé au parlement israélien.

« Le mois dernier, le président Trump a écrit l'histoire. Il a corrigé une injustice vieille de 70 ans, il a tenu sa promesse envers le peuple américain en annonçant que les États-Unis reconnaissaient enfin que Jérusalem était la capitale d'Israël », a-t-il déclaré.

En annonçant qu’il reconnaissait Jérusalem comme capitale d’Israël, le 6 décembre dernier, le Donald Trump n’avait pas précisé à quel moment l’ambassade américaine serait transférée dans la ville sainte des trois grandes religions monothéistes.

Évoquant des questions logistiques et de sécurité à régler, des responsables de l’administration Trump avaient toutefois avancé sous le couvert de l’anonymat qu’un tel déménagement ne se produirait pas avant trois ou quatre ans.

La décision de l’administration Trump a engendré une énorme controverse, puisqu’elle s’inscrit à contre-courant du consensus international, qui veut que l’épineuse question du statut de Jérusalem soit tranchée lors d’un règlement final du conflit israélo-palestinien.

Les Palestiniens ont vertement dénoncé cette approche et soutiennent qu'elle disqualifie les États-Unis comme médiateur honnête dans ce dossier. Le leader palestinien Mamhoud Abbas a d’ailleurs refusé de rencontrer le vice-président Pence lors de sa tournée au Moyen-Orient.

Washington presse les Palestiniens de négocier

Répétant les propos de M. Trump devant la Knesset, Mike Pence a réitéré que les États-Unis « pressent fortement » les Palestiniens de revenir à la table des négociations. Il a dit avoir bon espoir qu’une « nouvelle ère de discussions » pouvant se solder par un accord de paix s’ouvre incessamment.

Le discours du vice-président Pence en Israël a été cependant très mal accueilli par les députés arabes israéliens qui y siègent. Certains ont été expulsés de l’enceinte après l'avoir chahuté.

Le président de la coalition Liste unifiée, qui regroupe ces députés, avait de toute façon annoncé d’entrée de jeu le boycottage du discours de M. Pence. Pas question de rester silencieux face à un « raciste dangereux », avait prévenu Ayman Odeh dans un tweet.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a déploré ce boycottage, qu’il juge honteux. Il ne s’est pas prié pour exprimer sa joie de partager la scène avec un leader étranger qui, pour une première fois, fait référence à Jérusalem comme capitale d’Israël.

Un négociateur palestinien de longue date, Hanan Ashrawi, estime pour sa part qu’il est « ridicule » d’avancer que le déménagement de l’ambassade américaine va contribuer à la paix. « Les Américains ne peuvent pas parler d’un processus de paix après l’avoir miné », a-t-il commenté lundi à une radio palestinienne.

Abbas demande aux Européens de reconnaître la Palestine

Au moment où Mike Pence s’adressait aux députés israéliens, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas était à Bruxelles pour rencontrer la chef de la diplomatie de l'Union européenne (UE), Federica Mogherini, et les ministres des Affaires étrangères des 28 pays membres.

En l'accueillant, Mme Mogherini n’a pas manqué de souligner « l'engagement ferme de l'UE pour la solution à deux États [israélien et palestinien, NDLR] avec Jérusalem comme capitale partagée », désavouant du coup l’approche de Washington.

« Nous considérons vraiment l'Union européenne comme une véritable partenaire et amie et, pour cette raison, nous appelons ses États membres à reconnaître rapidement l'État de Palestine », a plaidé M. Abbas.

« Il n'y a pas de contradiction entre une reconnaissance et la reprise des négociations », a-t-il ajouté.

Si l'UE cherche à trouver une manière de relancer les négociations de paix pour préserver la solution à deux États, la reconnaissance d'un État palestinien n'est cependant pas sur la table à l’heure actuelle.

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