Retour

L'AMT annule la signature d'un gros contrat destiné à Bombardier

EXCLUSIF - Radio-Canada a appris que l'Agence métropolitaine de transport (AMT) vient d'annuler, en toute discrétion, un appel d'offres de 103 millions de dollars pour lequel Bombardier Transport était le seul soumissionnaire. Parmi les raisons invoquées : Bombardier n'était pas capable de livrer les voitures de train dans le délai requis.

Un texte de Thomas Gerbet

Le 2 mai, l'Agence a annulé son appel d'offres après avoir jugé non conforme la soumission reçue de la part de Bombardier Transport. L'appel d'offres international lancé en décembre visait la construction et la livraison de 24 voitures à deux niveaux destinées aux lignes de train de banlieue de Candiac, Vaudreuil-Dorion et Saint-Jérôme. 

Deux raisons pour justifier l'annulation

Première raison invoquée par l'AMT : le non-respect des délais de livraison. « Le calendrier établi ne convenait pas », explique la porte-parole de l'Agence, Fanie St-Pierre. L'AMT exigeait un maximum de 24 mois entre la signature et la livraison de la première voiture, alors que Bombardier s'estimait incapable de le faire en moins de 30 mois.

Deuxième raison : « la façon dont les voitures étaient livrées, ce qu'elles contenaient, ne répondait pas à ce qu'on avait demandé », dit Fanie St-Pierre. L'AMT exigeait la présence d'écrans afficheurs dans les voitures pour signaler la prochaine gare. Elle voulait également un système de communication et un autre pour détecter automatiquement la présence de passagers dans les voitures, ce que Bombardier ne lui proposait pas.

Bombardier se justifie

Bombardier Transport « prend acte » de cette décision, mais maintient que sa proposition était réaliste. « Elle était avantageuse au niveau des coûts et à moindres risques », assure le porte-parole de la compagnie, Marc-André Lefebvre. « Ça nous apparaissait être le délai requis pour mettre en place la ligne de production ».

Quant à savoir pourquoi Bombardier ne pouvait pas ajouter les outils électroniques demandés par l'AMT, le porte-parole répond : « l'offre que nous avons présentée [était] basée sur un produit que nous livrons présentement à l'agence Metrolinx [dans la région de Toronto] ». Il s'agit de la « même plateforme éprouvée », explique Marc-André Lefebvre.

À Québec, le ministre des Transports, Jacques Daoust, est demeuré circonspect. « Vous savez, l'AMT arrive avec des paramètres, des délais livraison - c'est attendu depuis longtemps - arrive ici avec des paramètres techniques. Et quand Bombardier dit : "je ne respecte pas vos paramètres techniques, je ne respecte pas vos délais de livraison", ça se peut que l'AMT réagisse différemment. Mais je n'ai pas le dossier complet encore, alors je suis prudent », a-t-il dit.

L'AMT veut encourager des compagnies étrangères à soumissionner

L'AMT prépare un nouvel appel d'offres qui pourrait être modifié pour faciliter l'accès à d'autres soumissionnaires. Si Bombardier Transport était seul en lice, c'est surtout parce que l'appel d'offres exigeait au moins 25 % de contenu canadien.

« Ça fait partie des éléments qu'on est en train de réviser », révèle la porte-parole Fanie St-Pierre, même si elle ajoute qu'il est « trop tôt pour affirmer si on va modifier [cet élément] ».

Plusieurs constructeurs étrangers avaient fait part de leur intérêt pour le contrat, mais n'avaient pas soumissionné. Le marché ne manque pas de concurrence avec des entreprises comme Alstom (France), Siemens (Allemagne), Hitachi (Japon) ou encore CNR/CSR (Chine).

Bombardier Transport assure qu'elle fera tout pour être de la prochaine course. « On regardera ce qu'on pourra proposer », conclut son porte-parole Marc-André Lefebvre.

La facture doit être payée à 75 % par le ministère des Transports du Québec (MTQ).

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine