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L'ancien Expo Tim Raines entre au Temple de la renommée

Les portes de Cooperstown s'ouvrent finalement à Tim Raines. L'ancien joueur des Expos de Montréal a reçu mercredi suffisamment de votes pour accéder au Temple de la renommée du baseball, à sa 10e et dernière année d'admissibilité.

Raines a été admis avec 86 % des voix auprès de 442 membres de l'Association des chroniqueurs de baseball d'Amérique. Il a reçu 380 votes sur les 442 bulletins compilés. Il devait obtenir un minimum de 332 voix, soit 75 %.

L'an dernier, Raines avait été à court de 23 voix, à 69,8 %.

« J'étais réuni avec ma famille et mon agent à mon domicile et nous espérions que le téléphone sonnerait, a dit Raines sur les ondes du MLB Network. Quand il a sonné... Wow! Ça a été une effusion de joie [...] Je sais qu'il y aura beaucoup de personnes très fières de cette élection au Canada. »

« Je sentais que j'étais en position d'être admis, surtout après être passé de 55 à près de 70 % l'an dernier, et je croyais que l'élan acquis l'an dernier allait me permettre d'être élu cette année, a-t-il plus tard expliqué lors d'une téléconférence. Je n'étais pas certain, c'est pourquoi la nuit dernière a probablement été ma pire des 10 dernières années. C'est une situation qui est hors de votre contrôle. Vous devez attendre jusqu'à cet instant où vous recevez cet appel.

« J'étais encouragé par ce qui s'était passé l'an dernier, mais tant que ce téléphone n'a pas sonné, j'étais probablement le gars le plus nerveux sur la planète. Mais quand il a finalement sonné, je pense que c'est le moment où j'ai été le plus fébrile de toute ma carrière. J'ai vraiment apprécié ce moment. »

Raines n'a pas volé cette intronisation. Il a conclu sa carrière avec une moyenne de ,294/,385/,425 grâce à 2605 coups sûrs, dont 430 doubles, 113 triples et 170 circuits, 1330 buts sur balles, 1571 points marqués et 808 buts volés, le 5e total de l'histoire.

S'il a dû patienter 10 ans, Raines croit que c'est un peu en raison de ses 13 saisons passées à Montréal, loin des feux de la rampe.

« Ça a été à la fois une bénédiction et une malédiction que de jouer à Montréal, a-t-il expliqué. Une bénédiction dans le sens où j'ai eu la chance de jouer devant des partisans complètement différents de ceux aux États-Unis. Ils m'ont appuyé dès le premier jour, avant même qu'ils ne me connaissent et qu'ils réalisent de quelle façon et avec quelle passion je jouais. Ils m'ont aidé à offrir ce genre de performances jour après jour. Je voulais jouer pour ces partisans. Je dois beaucoup aux partisans de Montréal. J'ai adoré jouer à Montréal.

« Mais c'était aussi une malédiction, car nous ne bénéficiions pas de la même visibilité que les autres clubs des majeures, surtout celle des gros marchés, ce que nous n'étions pas. Nous n'avions pas autant de matchs sur les chaînes nationales. Ça arrivait seulement quand nous jouions dans de gros marchés. Les gens n'ont alors pas pu apprécier à leur juste valeur les choses que je pouvais faire sur le terrain. »

Il croit que les médias sociaux et la façon dont sont perçues les statistiques avancées de nos jours sont responsables de son élection.

« Ça a joué un très grand rôle. Jonah Keri (journaliste montréalais maintenant basé à Denver qui a grandement poussé la candidature de Raines) a été un grand défenseur de mes accomplissements et il a pris la responsabilité de faire connaître aux électeurs le genre de joueur que j'étais. »

La cohorte 2017 comptera également l'ex-premier-but des Astros de Houston Jeff Bagwell (86,2 %), élu à sa septième année d'éligibilité, ainsi qu'Ivan Rodriguez (76 %). Celui qui devrait faire son entrée à Cooperstown orné d'une casquette des Rangers du Texas est devenu seulement le deuxième receveur élu à sa première année d'admissibilité, après Johnny Bench.

À sa première année, l'ex-voltigeur des Expos Vladimir Guerrero est déjà aux portes de Cooperstown avec un scrutin de 71,7 %. Idem pour le releveur no 1 Trevor Hoffman, qui devrait faire son entrée l'an prochain après avoir recueilli 74 % des voix cette année.

C'est la deuxième fois seulement en 48 ans que le Temple accueille plus d'un nouveau membre pour une quatrième année d'affilée. Le record est de cinq, à la toute première année d'intronisation en 1936.

Une élection attendue

Il n'y a pas que Raines qui a poussé un soupir de soulagement quand il a reçu l'appel du Temple. Plusieurs de ses ex-coéquipiers attendaient aussi ce moment avec impatience.

« Je n'ai jamais vraiment compris ce processus, parce que je ne crois pas qu'à l'an 1 de votre éligibilité, vous soyez moins un membre du Temple qu'à votre 10e année, se questionne Steve Rogers, coéquipier de Raines de 1979 à 1985. Je crois vraiment que c'est subjectif [...] Vous devez avoir les statistiques pour être pris en considération, mais ensuite, ça dépend des électeurs.

« Quand vous prenez un joueur du calibre de Raines et que ça lui prend 10 ans, c'est signe que c'est aux membres à réaliser l'ampleur de ses exploits et de voter pour lui. Vous ne pouvez pas changer l'histoire. Tout ce que Raines a fait, il l'a fait. Tout ce qui peut changer en 10 ans, c'est la perception des électeurs », rappelle Rogers.

« Il le mérite amplement. C'est dommage qu'il ait fallu 10 ans aux chroniqueurs pour le réaliser, renchérit pour sa part Andre Dawson, son grand ami. Il était un catalyseur dans son rôle et il a été l'un des meilleurs premiers frappeurs de tous les temps. »

Mais autant Dawson que Warren Cromartie, un autre ex-coéquipier de l'époque glorieuse des Expos à la fin des années 1970 et au début des années 1980, ont toujours cru que ce n'était qu'une question de temps.

« Je lui ai dit d'être patient, que le processus suivrait son cours, qu'il allait être admis, dit Dawson. Surtout après l'énorme progression qu'il a faite sur les bulletins de vote l'an dernier (il est passé de 55 à 69,8 %), je savais qu'il serait élu. »

« C'est plutôt amusant de penser qu'il y a bientôt sept ans, "Rock" et moi étions assis à Cooperstown pour écouter le discours d'intronisation de Dawson, raconte Cromartie. Je lui ai alors dit : "Tu sais, encore quelques années et je serai assis ici en train de t'écouter." Je le lui ai rappelé lors d'un long entretien téléphonique que nous avons eu la semaine dernière. »

« C'est un peu surprenant [que cela ait pris 10 ans], mais il faut tenir compte du fait qu'il a eu des problèmes personnels, nuance toutefois Michel Lajeunesse, qui a couvert les Expos pour La Presse canadienne de 1976 à 2004, en référence aux problèmes de consommation de cocaïne de Raines au début des années 1980. Ça n'a sûrement pas aidé. Il y avait tout un courant qui disait que ces gens-là devaient être laissés de côté [...] Mais il a été exceptionnel avant et exceptionnel après. Ces histoires de drogues, ce n'était pas du dopage pour améliorer ses statistiques. »

« Bien sûr [qu'il mérite d'être intronisé], poursuit-il. Le baseball est un sport de statistiques. Et quand tu regardes ses chiffres, il le mérite beaucoup. Il y a une statistique au baseball qui est négligée un peu et ça me dérange, car dans le cas de Raines, de Marquis Grissom, ou de tout autre gars qui était premier frappeur et qui était rapide, ce sont des gars qui ont marqué beaucoup de points. Raines en a marqué 1571, c'est pas mal, surtout qu'il ne jouait pas pour la meilleure équipe au monde. »

« Au haut du rôle offensif, il donnait le ton, ajoute Dawson. Quand il obtenait un simple ou un but sur balles, c'était comme s'il avait obtenu un double. Il ne volait pas un but juste pour l'ajouter à ses statistiques. Il ne courait pas n'importe quand, mais il avait l'habileté de voler un but à tout moment.

« Même si plusieurs n'accordent pas autant de valeur à cette statistique, il y a eu une période de cinq ou six ans au cours de laquelle il a mené la ligue pour la moyenne de présence sur les buts, les buts sur balles ou les buts volés. C'est pourquoi je pense qu'il a été l'un des meilleurs premiers frappeurs de l'histoire. »

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