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L'approvisionnement alimentaire du Qatar menacé par le blocus saoudien

La rupture des relations diplomatiques entre le Qatar et plusieurs de ses voisins du golfe Persique, au premier chef l'Arabie saoudite, menace son approvisionnement en aliments frais. Car les Qataris importent une grande partie de ce qu'ils consomment, et la seule frontière terrestre du Qatar est avec le Royaume saoudien.

La suspension des liaisons terrestres, aériennes et maritimes décrétée lundi par l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Yémen et l’Égypte, qui accusent Doha de financer le terrorisme dans la région, aura plus que des impacts politiques sur le Qatar.

Conscients de leur vulnérabilité sur le plan alimentaire, les citoyens du Qatar se sont rués dans les épiceries du pays pour faire des réserves, en dépit des appels au calme de leur gouvernement, selon lequel il n’y aura pas de risques de pénuries.

Le Qatar étant un pays très riche, il pourrait assurer son approvisionnement alimentaire par bateaux, notamment en provenance de l'Iran ou d'Oman.

Il pourrait aussi importer des denrées par avion à partir de la Turquie, de l'Europe et de l'Asie.

200 milliards de dollars de travaux en cours dans le pays

Mais il n’y a pas que l'approvisionnement en aliments frais qui est menacé.

Une pénurie éventuelle de matériaux de construction pourrait aussi faire mal aux gigantesques chantiers entrepris dans le pays, qui doit accueillir la Coupe du monde de soccer en 2022.

Un projet pour lequel le Qatar a engagé 200 milliards de dollars de dépenses en infrastructures.

Ici encore, si la frontière terrestre avec l’Arabie saoudite devait être complètement fermée, tous les matériaux et la main-d’œuvre devraient transiter par bateaux, ce qui augmenterait sensiblement les coûts et les délais des chantiers.

Les exportations de gaz demeureront intactes

Ironiquement, les exportations de gaz naturel qui représentent 90 % des revenus du petit émirat ne seront pas compromises par la crise diplomatique entre le Qatar et ses voisins, puisque le gaz liquéfié est exporté par bateau via le détroit d’Ormuz à destination du Japon et de l’Asie du Sud-Est.

Premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, le Qatar en livre annuellement 80 millions de tonnes par méthaniers. Seuls 10 % de sa production sont destinés à des pays du Moyen-Orient, dont les Émirats arabes unis et l'Égypte.

Donald Trump prédit le « début de la fin du terrorisme »

Réagissant mardi matin à l’isolement diplomatique du Qatar par des pays du Golfe, le président des États-Unis a écrit sur son compte Twitter qu’il était bon de voir que sa récente visite chez le roi d’Arabie saoudite et 50 pays » avait porté ses fruits.

Selon le président américain, « tous les éléments pointent vers le Qatar dans le financement des extrémistes ». Ce sera « peut-être le début de la fin de l’horreur du terrorisme », écrit-il.

Lors de sa récente visite en Arabie saoudite, le président Trump s’est montré très dur envers l’Iran et les pays qui financent le terrorisme international, appelant les monarchies du Golfe à agir en conséquence.

L'émir du Koweït, le cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah, s’est pour sa part rendu en Arabie saoudite pour tenter d’agir à titre de médiateur avec le Qatar.

Il s'est aussi entretenu par téléphone avec l'émir du Qatar, le cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani à qui il a demandé de reporter à plus tard un discours qu'il devait prononcer aujourd'hui pour favoriser l'ouverture d'un dialogue entre le Qatar et l'Arabie saoudite.

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