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L’armée canadienne accusée d’avoir tué des civils en Irak

Des pilotes de chasse canadiens ont été accusés d'avoir tué des civils irakiens lors d'une frappe aérienne à Mossoul, le 21 janvier dernier. L'armée canadienne a gardé cette information secrète durant plusieurs mois.

Le porte-parole de la coalition internationale contre l'État islamique (EI), le capitaine de l'armée américaine John J. Moore, a affirmé à Radio-Canada que ces allégations ont été vérifiées et que « selon les informations disponibles, aucun civil n'est mort dans cette attaque ».

L'armée canadienne a quant à elle expliqué au Globe and Mail avoir réalisé un examen approfondi des photos et des vidéos du bombardement. « Il a été reconfirmé que la cible était une position militaire valide d'où le groupe armé État islamique tirait sur les troupes kurdes et irakiennes avec des mitrailleuses lourdes », a-t-elle déclaré.

En juillet dernier, le porte-parole des Forces armées canadiennes Paul Forget avait pourtant été interrogé par des médias au sujet de potentielles victimes civiles des frappes canadiennes dans le cadre de la participation du pays à la coalition internationale contre l'EI, mais il n'avait pas mentionné l'enquête sur l'attaque de Mossoul. Il avait seulement déclaré que le Canada n'avait aucune preuve qu'il avait causé la mort de civils.

L'armée canadienne explique qu'elle ne voyait aucune raison de rendre publique cette accusation, puisque les conclusions se sont avérées négatives. Elle refuse, par ailleurs, de divulguer la source à l'origine de l'accusation, plaidant des raisons de sécurité. Elle souligne aussi que la zone est encore contrôlée par les extrémistes, ce qui rend le suivi difficile.

En août, le ministre canadien de la Défense, Jason Kenney, avait dit ne pas être au courant de possibles victimes faites par les bombardements canadiens.

Allégations troublantes, selon le chef libéral

Le chef libéral Justin Trudeau croit que ces allégations sont troublantes, surtout que le gouvernement Harper n'a pas divulgué ces informations avant que les députés votent sur le prolongement de la mission canadienne au sein de la coalition internationale contre l'État islamique, au printemps dernier. Les libéraux s'y étaient opposés.

« Ce sont des allégations très graves, mais nous devons en savoir davantage. L'une des choses qui sont constantes avec ce gouvernement, c'est son manque d'ouverture et de transparence, même sur des enjeux aussi importants que notre engagement à l'international avec les Forces armées canadiennes », a-t-il déclaré vendredi, alors qu'il était de passage à Montréal.

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