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L'armée syrienne et l'aviation russe lancent une offensive contre les rebelles

L'armée syrienne s'engage dans une vaste opération terrestre dans le centre du pays, avec l'appui de l'aviation russe, indiquent de multiples sources. Moscou confirme en outre que ses forces navales participent maintenant aux opérations.

Selon une source militaire de l'AFP, l'offensive au sol se déroule dans le nord de la province de Hama. Elle visera « les abords des villages de Latmine, l'ouest de Morek, pour pouvoir se diriger ensuite vers Kafr Zeita », a-t-elle indiqué.

Selon cette source, l'armée combat diverses forces d'opposition, dont des rebelles modérés et islamistes, ainsi que la branche d'Al-Qaïda en Syrie, le Front Al-Nosra. Le groupe armé État islamique (EI) n'est pas présent dans ce secteur.

« Dans ses dernières opérations, l'armée syrienne cherche à couper les parties sud d'Idleb des secteurs nord de Hama », précise cette source.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres, affirme pour sa part que l'offensive terrestre a commencé à l'aube sur quatre fronts, dans les provinces d'Idleb et de Hama. Son directeur, Rami Abdurrahman, soutient que l'offensive donne lieu « aux combats les plus intenses depuis des mois ».

L'OSDH, qui entretient un réseau d'observateurs dans le pays, soutient que l'offensive est lancée depuis Morek, où passe une autoroute liant la capitale Damas à la plus importante ville du pays, Alep. L'organisation recense 37 frappes aériennes en appui à l'offensive dans les provinces d'Idleb et de Hama.

Plus tôt dans la journée, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a affirmé que quatre croiseurs russes de la flottille de la mer Caspienne ont tiré 26 missiles de croisière sur 11 cibles de l'EI, qui ont toutes été atteintes. C'est la première fois que Moscou affirme que ses forces navales lancent des salves en Syrie.

La Russie mène des frappes aériennes en Syrie depuis la semaine dernière. Selon le ministre Choïgou, 112 cibles ont été visées depuis. « L'intensité des frappes augmente », a-t-il précisé mercredi.

Tensions russo-turques à la frontière syrienne

En début de journée, le premier ministre turc a affirmé que les frappes russes en Syrie nuisent à la lutte contre les djihadistes de l'EI. Selon Ahmet Davutoglu, seules deux des 57 frappes russes recensées par son pays ont frappé l'EI. Toutes les autres, dit-il, ont visé l'opposition dite « modérée »

« En affaiblissant l'opposition, le régime renforce l'EI », a dit le premier ministre turc à des journalistes à Istanbul.

M. Davutoglu a par ailleurs indiqué qu'il ne veut pas que le conflit syrien devienne une crise entre la Russie et l'OTAN, dont la Turquie constitue le flanc sud-est. La Turquie, a-t-il dit, n'est prête à aucun compromis sur l'inviolabilité de son espace aérien et la sécurité de ses frontières.

Depuis la fin de semaine, des appareils russes ont violé deux fois l'espace aérien turc. Ankara soutient aussi qu'un chasseur MiG-29 de nationalité inconnue de même que des systèmes de missiles installés en Syrie sont entrés en « interférence » avec huit chasseurs F-16 de l'aviation turque qui patrouillaient le long de la frontière syrienne.

L'Irak songe à demander l'aide de la Russie

En Irak, les autorités songent à demander à la Russie de lancer des frappes aériennes contre les combattants de l'EI qui se trouvent sur son territoire, a déclaré mercredi à Reuters le président chiite de la commission de la Défense du Parlement irakien.

« Nous pourrions être contraints de demander à la Russie de lancer prochainement des frappes aériennes en Irak. Je pense que dans les prochains jours ou les prochaines semaines, l'Irak sera contraint de le faire et cela dépend du succès [des Russes] en Syrie », a dit Hakim Al-Zamili.

« Nous cherchons à voir la Russie jouer un plus grand rôle en Irak, oui, assurément, un rôle plus grand que les États-Unis », a ajouté M. Al-Zamili, un allié de l'influent imam chiite irakien Moqtada Sadr.

Selon lui, la guerre contre l'EI devrait être cordonnée par une cellule de renseignement et de sécurité réunissant l'Irak, la Russie, l'Iran et la Syrie, et dont la mise sur pied a été annoncée fin septembre par les autorités irakiennes.

Bagdad et les puissantes milices chiites soutenues par l'Iran s'interrogent sur la détermination de Washington dans la lutte contre l'EI, qui contrôle un tiers de l'Irak depuis l'été 2014. Ils estiment que les bombardements de la coalition mise en place par les États-Unis sont inefficaces.

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