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L'assurance parentale a 10 ans et les papas québécois y prennent goût

Une décennie après l'arrivée du Régime québécois d'assurance parentale (RQAP), les pères sont presque trois fois plus nombreux à prendre congé de leur travail après la naissance de leur enfant.

Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

Avant l’instauration du RQAP par le gouvernement libéral de Jean Charest, en 2006, 28 % des pères québécois avaient recours au régime fédéral d’assurance-emploi pour leurs prestations de paternité. Depuis, sous le nouveau régime, ce nombre a bondi à 83 %, selon le Conseil de gestion de l’assurance parentale. L'instance qui administre le RQAP a récemment réalisé avec des chercheurs universitaires un bilan des 10 ans du régime.

La création du RQAP avait fait l’objet d’intenses négociations entre Québec et Ottawa. Avec comme seuil minimal un revenu annuel de 2000 $, ce régime offre une meilleure accessibilité que dans les autres provinces et le taux des prestations est généralement plus avantageux. Désormais, le modèle québécois est souvent cité comme étant l’un des plus généreux de la planète.

Ailleurs au Canada, seulement 12 % des pères prennent leur congé parental.

« On ne s’attendait pas à ce que ça ait cette ampleur. L’effet a été rapide et croissant », affirme Sophie Beauchemin, responsable des communications au Conseil de gestion de l’assurance parentale.

Des stéréotypes toujours bien présents

Si de nombreux pères se sont prévalus du congé de paternité, ils sont toutefois bien moins nombreux à prendre un congé parental. Ils sont seulement passés de 31 % à 35 % depuis 2006.

Selon le directeur du Regroupement pour la valorisation de la paternité, Raymond Villeneuve, le Québec devrait ainsi faire un pas de plus. « On induit encore une forme de déséquilibre. C’est sûr que si on pouvait augmenter le nombre de semaines du congé de paternité, ça pourrait aider. »

L’idée d’un père restant à la maison pendant des mois, ajoute-t-il, n'est toujours pas acquise dans notre société.

Souvent, des employeurs vont dire que la conciliation travail-famille, c’est une affaire de femme.

Raymond Villeneuve, directeur du Regroupement pour la valorisation de la paternité

« Ça permet un meilleur équilibre de l’enfant »

La psychologue Nadia Gagnier explique pourtant que la présence d’un père peut avoir une très grande importance dans le développement d’un enfant, tout en reconnaissant qu’il s’agit d’un domaine de recherche à approfondir.

Je pense que c’est très favorable pour les enfants parce qu’il y a une façon masculine et une façon féminine de donner des soins et d’éduquer. Les deux sont complémentaires.

Dre Nadia Gagnier, psychologue

L’impact se trouve également dans la redéfinition du rôle parental. « Plus le père est présent, plus il a l’impression d’être compétent. Le sentiment de compétence encourage le père à poursuivre », affirme Dre Gagnier.

Pas plus de bébés

L’effet global du RQAP a par ailleurs été très marginal sur le taux de natalité. En moyenne, il y a eu 370 naissances de plus par année au cours de la dernière décennie, soit une augmentation annuelle d'environ 0,3 %.

Le Conseil de gestion de l’assurance parentale rappelle qu’il ne s’agit pas d’un régime nataliste.

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