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L'attente interminable des sinistrés des inondations

Des centaines de sinistrés des inondations du printemps dernier attendent des nouvelles du gouvernement du Québec. Pour certains, il s'agit de savoir combien ils recevront pour rénover. Mais pour d'autres, c'est plus grave : leur maison devra-t-elle être démolie? Dans tous les cas, l'attente est interminable.

Un texte de Francis Labbé

Louise Goyette et Réal Forand venaient de vendre leur maison, au début du mois de mai. Leurs calculs étaient faits : ils auraient un coussin de 160 000 $ pour payer, entre autres, leur loyer dans une résidence pour personnes âgées.

« La vente a été annulée et je comprends bien pourquoi », affirme Louise Goyette, 73 ans. « Nous avons reçu la visite de l'évaluateur du ministère. Il avait l'air de penser que nous devrions rénover et remettre en vente. Mais ça prendra combien de temps? Nous sommes malades tous les deux. C'est difficile », lance-t-elle, avant d'éclater en sanglots.

« Nous n'avons plus l'énergie que nous avions », ajoute son conjoint, Réal Forand, 71 ans. « Nous ne savons pas quel montant Québec nous donnera. Nous sommes dans le néant. Allons-nous reconstruire ou démolir? On ne sait rien. »

Mme Goyette et M. Forand ont reçu une première allocation de 20 000 $. Ce montant a servi à l'achat d'électroménagers et de meubles, les leurs étant maintenant inutilisables, à la suite de l'inondation de leur demeure.

Québec débordé

Au ministère de la Sécurité publique, on affirme mettre les bouchées doubles. « À la fin mai, des gens avaient encore de l'eau dans leur sous-sol », rappelle Denis Landry, directeur du rétablissement au ministère de la Sécurité publique.

« Nous avons reçu 4706 réclamations, 22 millions de dollars versés. [...] Nous avons embauché du personnel supplémentaire et nous n'avons pas encore complété l'embauche. Nous serons bientôt 220 à travailler là-dessus, au cours des prochaines semaines, dont 130 nouveaux employés. »

Pas suffisant

Pour le maire de Deux-Montagnes, Denis Martin, le gouvernement doit trouver une façon d'accélérer les choses. Et ce, dans toutes les facettes des dossiers reliés aux inondations.

« Nos gens ont vécu quelque chose de dramatique en perdant leurs biens, et maintenant, ils sont dans l'attente. [...] Ça ne peut pas fonctionner. Il faut se donner des échéanciers. »

« Il faut se dire : on aura atteint tel ou tel objectif à tel moment, en juillet ou en août, pour que les gens aient des réponses à leurs questions. Il ne faut pas du "peut-être" ou du "dans six mois". Il faut du concret », conclut le maire Martin.

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