C’est au moment d’un consistoire que le pape crée officiellement de nouveaux cardinaux. Et c’est important parce que ce sont les cardinaux qui vont élire le prochain pape.

Un enjeu géopolitique

Personnellement, je dirais qu’il y a ici une autre des nombreuses batailles de François : corriger une iniquité ou le manque de représentativité du collège des cardinaux.

L’Église catholique se dit « universelle ». Elle est partout sur cette planète. Et on se dit que les cardinaux qui élisent les papes doivent bien être représentatifs de cette catholicité planétaire. Ce n’est absolument pas le cas.

Comment peut-on expliquer que 22 % des cardinaux électeurs proviennent d’un pays qui ne représente même pas 5 % des catholiques, l’Italie? Comment expliquer que plus de la moitié des cardinaux électeurs proviennent de l’Europe qui compte pour à peine le quart de toute la catholicité du monde?

On dit parfois que le cœur de l’Église se trouve en Amérique du Sud. En gros, c’est 40 % des catholiques. C’est énorme. Pourtant, ils n’ont que 17 % des cardinaux électeurs. Doit-on s’étonner de voir qu’au fil des décennies l’Église catholique a perdu d’énormes parts de marché au Brésil?

Des cardinaux venus des « périphéries »

Depuis qu’il a été élu, François a convoqué trois consistoires au cours desquels il a nommé 44 cardinaux électeurs. Lui qui vient du bout du monde, où va-t-il chercher ses nouveaux cardinaux?

Il les trouve en République centrafricaine, au Brésil, au Bangladesh, en Mauritanie, en Haïti. Autrement dit, dans les périphéries de la planète catholique. Demain, l’Europe n’aura plus la majorité absolue du collège des électeurs.

Si ce pape argentin reste encore un moment, peut-être verrons-nous, dans quelques années, un collège des cardinaux véritablement à l’image de l’Église catholique, une Église où son cœur et ses poumons se trouvent de plus en plus dans le sud, dans les périphéries de la planète.

Et peut-être alors le Vatican ne sera plus le centre du monde, mais une périphérie parmi d’autres?

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