On l'appelle estorlet, hirondelle de mer ou bien sterne commune. Mais son nom officiel est sterne pierregarin. C'est cet oiseau au cri strident qui occupe des berges de la mer ou de lacs. Sa population est stable, mais à plusieurs endroits, son habitat est en danger.

Un texte de Benoît Livernoche de La semaine verte

À la fin juin, c'est une routine annuelle pour le biologiste Éric Tremblay du parc national Kouchibouguac, sur la côte est du Nouveau-Brunswick. Depuis une quinzaine d'années, il fait l'inventaire des nids de sternes pierregarins sur l'une des dunes du parc, qui borde le golfe du Saint-Laurent. On compte bon an mal an environ 6000 nids, soit près de 14 000 oiseaux. C'est la plus grande colonie de sternes pierregarins au pays.

La sterne pierregarin que l'on trouve ici est la même que celle que l'on retrouve partout à travers le monde, sur le bord des océans, des mers et des lacs. L'hiver elle séjourne dans le nord de l'Amérique du Sud, pour ensuite migrer vers nos régions, pour y nicher durant l'été. La sterne pierregarin ressemble beaucoup à sa cousine la sterne arctique, qui elle, fait le plus long voyage de migration sur la planète : de l'Antarctique à l'Arctique.

Mais la sterne arctique est beaucoup plus rare, car elle est inscrite sur la liste des espèces en danger. Ce qui n'est pas le cas de la sterne pierregarin, considérée toutefois comme fragile, et ce, en raison de la perte de son habitat.

La Gaspésie perd sa dernière colonie de sternes

Pendant qu'à Kouchibouguac on se réjouit de voir une colonie en santé, sur la dune Sandy Beach, dans la baie de Gaspé, on ne trouve plus de sternes. Cet îlot était le seul endroit où nichaient encore des sternes pierregarins en Gaspésie.

L'équipe doit maintenant reprendre le contrôle de la population de goélands, le principal prédateur de la sterne pierregarin. On badigeonne les œufs des goélands pour en réduire la population. Ce travail a été abandonné en 2012, après plusieurs années de contrôle, car le nombre de nids de sternes augmentait à un rythme soutenu et l'on croyait à ce moment-là que les sternes pouvaient se débrouiller seules contre leur prédateur. L'abandon de ce contrôle a favorisé une chute radicale du nombre de nids de sternes.

Aujourd'hui, la cohabitation entre la sterne et le goéland est devenue impossible. Le goéland est un oiseau opportuniste qui profite des largesses de l'être humain. Tout près de la dune de Sandy Beach, le dépotoir de Gaspé est une source de nourriture facile pour les goélands, qui reviennent en force. Les sternes peinent à protéger une partie de leur territoire.

Un facteur de milieu côtier en santé?

Depuis le mois de juin, Jean-Marc Hardy affirme avoir vu quelques sternes voler autour de la dune de Sandy Beach.

Pour le biologiste Éric Tremblay, la sterne est un symbole d'un milieu côtier en santé. Grâce à la protection conférée par le parc national Kouchibouguac, la colonie de sternes peut se développer.

Pour lui, il est clair que l'habitat de la sterne pierregarin est à risque et que l'humain a le devoir de protéger les milieux naturels.

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