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L'avocat du tueur de la mosquée s'attaque aux « 150 ans »

Le débat constitutionnel sur la peine à imposer à Alexandre Bissonnette s'est ouvert avec une charge en règle de son avocat contre le « populisme pénal ».

Un texte de Yannick Bergeron

C'est ainsi que Me Charles-Olivier Gosselin a qualifié l'article du Code criminel qui permet d'additionner le temps qu'un meurtrier doit attendre avant de pouvoir demander une libération conditionnelle.

La poursuite réclame 150 ans de détention contre le jeune homme de 28 ans qui a assassiné six fidèles à la mosquée de Québec, en janvier 2017.

Me Gosselin estime que cette perspective va à l'encontre des valeurs canadiennes.

Il soutient que l'adoption de la Loi qui permet d'additionner 25 ans de prison par meurtre n'avait que des visées politiques.

Même le titre du projet de Loi le prouve selon lui.

La « Loi protégeant les Canadiens en mettant fin aux peines à rabais en cas de meurtres multiples » a été adoptée par le gouvernement conservateur en 2011.

« C'est très américain », a souligné Me Gosselin en citant des statistiques montrant que le taux d'homicide aux États-Unis est de trois à quatre fois plus élevé qu'au Canada.

Pourtant, le taux d'incarcération est de cinq à six fois plus élevé chez nos voisins du sud, a souligné l'avocat.

« On dit qu'il y a un problème à régler, mais ce n'est pas le cas, c'est politique », a martelé l'avocat.

Torture

Me Gosselin insiste. Le système des libérations conditionnelles canadien fonctionne et les gens qui ne le méritent pas ne se retrouvent pas dans la population.

« C'est le cas Clifford Olson et il est mort en prison », indique-t-il au sujet du meurtrier en série, tout en rappelant qu'une libération conditionnelle n'est pas automatique.

Il considère toutefois qu'une peine de détention ne devrait pas enlever l'espoir à un détenu, de pouvoir un jour, recouvrer sa liberté.

« Il faut que l'incarcération ait un but. Sinon, elle est aussi arbitraire que la torture », a lancé l'avocat.

« Où est le but de se réhabiliter s'il n'y a pas l'espoir d'une réintégration sociale par la suite », a demandé Me Gosselin qui estime que « tous les gens ont des droits, même les meurtriers ».

Bissonnette de bonne humeur

Alexandre Bissonnette semblait dans de bonnes dispositions en arrivant au banc des accusés mercredi matin.

Habituellement peu démonstratif, il a salué ses parents avec un large sourire.

Il a par la suite obtenu la permission de ne pas avoir de menottes aux poignets afin de prendre des notes.

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