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L'avocate derrière la défense de Jian Ghomeshi

Le début du procès de Jian Ghomeshi en Cour de l'Ontario a déjà permis en deux jours de cerner la personnalité qui se dégage de son avocate, Marie Henein, et de confirmer sa réputation de plaideuse redoutable. Portrait d'une avocate.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

Jian Ghomeshi n'est pas le premier client d'envergure de Marie Henein. L'ex-animateur vedette de CBC est accusé d'avoir agressé sexuellement trois femmes et d'avoir vaincu la résistance de l'une d'elles par l'étouffement. Le procès très médiatisé s'est ouvert lundi. 

L'avocate a déjà défendu d'autres personnalités comme l'ancien procureur général de l'Ontario Michael Bryant et l'ancien premier ministre de la Nouvelle-Écosse Gerald Regan. Marie Henein a souvent défendu des clients qui faisaient face à des accusations de nature sexuelle, par exemple l'ancien entraîneur de hockey junior David Frost.

Mme Henein n'aime pas s'expliquer dans les médias en ce sens qu'elle ne leur adresse jamais la parole avant ou durant un procès, soutenant qu'elle préfère plaider dans une salle d'audience plutôt que dans une mêlée de journalistes à l'extérieur d'un tribunal.

Dans un discours à l'Université de Windsor, elle a déclaré qu'il était « important [pour la défense] de développer l'art de l'argumentation dès qu'un client entre dans un cabinet d'avocats ». « Cela déterminera votre démarche, votre analyse de la loi, vos commentaires à la presse, votre approche par rapport aux témoins, votre façon de conduire un interrogatoire et un contre-interrogatoire. »

Un talent pour plaider

Les collègues de Marie Henein la décrivent comme brillante, perspicace et courageuse. Ils vantent ses connaissances solides de la loi et ses compétences pour la plaidoirie. L'avocat Jonathan Rosenthal, qui la connaît depuis 25 ans, dit qu'elle est ambitieuse et qu'elle prend son travail à coeur.

L'avocat Russell Silverstein affirme que Me Henein a surtout fait sa marque dans le contre-interrogatoire des témoins à charge, parce qu'elle ne perd pas de temps pour aller droit au but. On a d'ailleurs pu le constater lorsqu'elle a contre-interrogé la première plaignante au procès de Jian Ghomeshi. « Ses questions sont souvent des affirmations qui lui permettent de limiter les réponses des témoins à un oui plus souvent qu'à un non. Elle est très douée, elle fait un travail remarquable. »

L'avocat Daniel Lerner croit que la stratégie de Me Henein dans ce procès consiste à miner la crédibilité des trois femmes plutôt qu'à s'attarder aux faits reprochés. À titre d'exemple, Me Lerner rappelle que Me Henein ne s'est pas intéressée à la rencontre entre M. Gomeshi et la première plaignante au domicile de l'accusé et qu'elle n'a d'ailleurs posé aucune question au sujet des trois coups poing qu'il lui aurait assénés à la tête.

Enfance et études

Marie Henein est née au Caire, en Égypte, de parents maronites, qui ont immigré au Canada lorsqu'elle avait quatre ans. Son père l'a toujours encouragée à prendre part à des débats à table sur une variété de sujets. Son frère, Peter Henein, est également avocat.

Mme Henein a déjà déclaré à la revue Canadian Lawyer qu'elle avait toujours su depuis l'école primaire qu'elle voulait devenir avocate de la défense. « Il n'y avait pas d'autres choix pour moi », peut-on y lire.

Après avoir travaillé pour le prestigieux cabinet d'avocats d'Edward Greenspan, Marie Henein a ouvert en 2002 sa propre firme, Henein Hutchison, en s'associant avec l'ancien procureur Scott Hutchison.

En 2011, elle figurait sur la liste des 25 avocats les plus influents au pays. Me Henein, qui est mère de deux enfants, plaide aujourd'hui aussi bien devant des tribunaux inférieurs que devant des cours d'appel.

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