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L’eau pourrait manquer dans les Prairies à cause des feux, dit une étude

L'insécurité quant à la consommation d'eau est possible et même probable dans les Prairies canadiennes, selon un nouvel indice élaboré par des chercheurs de l'Alberta. Ce risque est directement lié à la multiplication des feux de végétation dans la région.

« Nous sommes une population qui dépend de l’eau, dans une zone susceptible aux incendies », constate le géographe de l’Université de l’Alberta, François-Nicolas Robinne. Sa plus récente étude, en collaboration avec Marc Parisien, chercheur au Centre de foresterie du Nord de Ressources naturelles Canada, à Edmonton, vient d’être publiée dans le journal scientifique Science of the Total Environment.

Les feux de forêts et de broussailles, de plus en plus fréquents dans les Prairies canadiennes et les Rocheuses, peuvent avoir des effets sur l’approvisionnement en eau d’une région. Les terrains calcinés sont plus vulnérables aux inondations, aux glissements de terrain et à la contamination des sources d’eau.

« Vous allez vous retrouver dans les rivières avec tout ce que le sol, généralement, retient [...] des sédiments et des polluants associés aux sédiments », explique François-Nicolas Robinne, mentionnant notamment les métaux lourds, l'arsenic et le plomb. « Tous ces sédiments peuvent arriver dans une telle concentration que ça crée des coulées de boue », ajoute-t-il.

Ces phénomènes peuvent poser des problèmes pour les humains qui dépendent de cours d’eau relativement propres et réguliers.

Des usines de traitement surchargées

Les usines de traitement n'ont pas forcément la capacité, ou le budget, de transformer cette eau trop épaisse ou extrêmement polluée en eau potable. Cela a d’ailleurs été le cas à Fort McMurray après l'incendie de 2016.

Le chercheur s'apprête à publier une autre étude qui démontre que les deux tiers de la population albertaine dépendent des usines de traitement et pourraient donc être exposés à ces problèmes d'insécurité en approvisionnement de l'eau. Cette étude suggère également une révision des stratégies de traitement et d’approvisionnement en eau en Amérique du Nord.

Une première évaluation mondiale

François-Nicolas Robinne affirme que l’indice qu’il a mis sur pied est le premier de ce genre à pouvoir évaluer le risque mondialement. Le chercheur a compilé des données mondiales sur les sols, les tendances météorologiques, les caractéristiques socioéconomiques des populations et les besoins en eau, soit un total de 33 bases de données.

L’insécurité hydrique peut être expliquée par un ou plusieurs facteurs et varie grandement d’un endroit à l’autre. Dans les Prairies canadiennes, la probabilité élevée d’incendies est un facteur clé, tandis que d’autres endroits à fort risque d’insécurité sont plus influencés par un régime politique instable, qui faillit à son devoir de distribuer de l’eau à sa population.

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