Le 9 mai, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé que l'épidémie d'Ebola était terminée au Liberia après 42 jours sans nouveau cas déclaré. Or à la fin juin, le virus est réapparu dans un village près de la capitale. Que s'est-il passé?

Un texte d'Alexandre Touchette de l'émission Les années lumière

L'enquête sur la chaîne de transmission a démontré que le nouveau foyer d'infection était lié à un survivant de la maladie encore porteur du virus. Les premiers éléments de séquençage génomique du virus ont indiqué qu'il ne provenait pas des pays voisins, mais bien d'une souche libérienne.

Selon des chercheurs sur le terrain en Afrique de l'Ouest, ce cas viendrait confirmer que la transmission sexuelle du virus est possible. On peut isoler le virus Ebola dans le sperme des survivants jusqu'à 82 jours après l'apparition des symptômes. Et du matériel génétique du virus, de l'ARN, a été détecté récemment plus de six mois après la guérison d'un patient.

Comme l'explique la Dre Danielle Perreault, si l'on confirme que la sexualité est un vecteur de contagion, la maladie sera encore plus difficile à contrôler.

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Du matériel génétique du virus a aussi été détecté dans les sécrétions vaginales de survivantes un mois après l'apparition des symptômes, mais le virus vivant n'y a jamais été observé. La transmission de la femme vers l'homme est donc moins probable.

Les enquêtes épidémiologiques sur la chaîne de transmission du virus par voie sexuelle sont toutefois très difficiles à mener, selon la porte-parole de l'OMS à Genève, Margaret Harris. Les patients dans les pays d'Afrique de l'Ouest sont très réticents à parler de leur vie sexuelle avec les chercheurs.

Selon l'OMS, même si cette voie de transmission est probable, les études épidémiologiques indiquent pour le moment qu'elle ne constitue pas un mode propagation très efficace. L'agence demande tout de même aux survivants d'Ebola d'utiliser des préservatifs jusqu'à ce que des tests de détection du virus dans le sperme aient donné par deux fois des résultats négatifs.

La lutte sera longue

La dernière résurgence du virus au Liberia démontre que l'épidémie est encore loin d'être contenue et que la lutte risque d'être longue. On recense encore une trentaine de cas par semaine en Guinée et en Sierra Leone et des foyers d'infection sont actifs dans les capitales des deux pays.

La présidente de Médecins sans frontières, Joanne Liu, n'a pas apprécié le ton triomphaliste des autorités libériennes et de l'OMS lorsqu'elles ont annoncé la fin de l'épidémie au Liberia, en mai dernier. Même si on est bien loin du pic de 600 nouveaux cas par semaine de l'hiver dernier, elle rappelle qu'il suffit d'un seul porteur du virus pour que l'épidémie continue de se propager. Joanne Liu insiste sur le fait que l'objectif d'arriver au patient zéro va demander des efforts soutenus.

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Le principal espoir d'éradiquer la pire épidémie d'Ebola de l'histoire repose maintenant sur le développement d'un vaccin. MSF et l'OMS dirigent depuis mars des tests cliniques de phase trois sur des patients et leurs proches en Guinée. Le vaccin VSV-EBOV, qui a été mis au point par des chercheurs du laboratoire de l'Agence de la santé publique du Canada, à Winnipeg, est au stade final de l'évaluation de son efficacité.

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