Eh oui, vous avez bien lu. Au royaume du pétrole, on apprend aussi à sauver la planète. Du moins, à l'école secondaire Lord Shaughnessy, à Calgary.

Un texte de Laurence Martin

L’établissement scolaire public a été désigné le « plus vert au pays » par le Conseil du bâtiment durable.

Mais comment? Pourquoi? C’est la question qu’on se pose en s’approchant de la bâtisse couleur beige-brun. Pas de murs fabriqués avec des matériaux recyclés ou tatoués de panneaux solaires. Pas d’immense support à vélos à l’entrée.

Seulement une tonne de béton qui rappelle l’architecture brutaliste ou les polyvalentes des années 1970.

Une fois à l’intérieur, par contre, les initiatives vertes pleuvent.

Les élèves font pousser leur nourriture, des ingrédients qui servent ensuite dans les cours de cuisine ou qui sont vendus aux restaurants locaux. Ils pratiquent l’aquaponie, l’art de cultiver des plantes et d’élever des poissons en symbiose.

Ils ont installé des murs végétaux pour améliorer la qualité de l’air dans les salles de classe.

Même le tapis a été fabriqué avec des filets de pêche recyclés.

Former les leaders de demain

Mais au-delà de ces initiatives, c'est surtout la méthode d'enseignement qui diffère.

L’École Lord Shaughnessy offre un programme spécialisé en énergie et en environnement, et les élèves qui y sont inscrits passent très peu de temps en salle de classe.

Ils ont même travaillé avec la pétrolière Chevron sur leur évaluation environnementale.

De nombreux projets échouent. Normal, répond l’enseignant Adam Robb.

Le but, ce n'est pas de réussir tout le temps, mais plutôt de comprendre tout le travail, toutes les consultations qu'il faut faire si l'on veut changer les choses.

Quel impact sur la réussite?

L’approche d’enseignement très terre à terre, qui incite les élèves à faire preuve d’initiative, semble porter fruit.

Plusieurs adolescents, aux prises avec des problèmes de santé mentale, d’anxiété, qui avaient perdu le goût de l’école avant d’arriver à Lord Shaughnessy, s’accrochent. Ils se sentent respectés, utiles.

Parmi eux, Braeden Collingridge, 18 ans, qui souffre d’un important déficit de l’attention.

Ces jours-ci, il passe 10 heures par jour à planter des arbres dans la cour d’école. Il compte s’inscrire à un programme universitaire en horticulture.

« J’ai toujours aimé la nature, les plantes, dit-il, mais je n’avais jamais pensé que ça pourrait être un choix de carrière. »

Comme quoi, à l’École Lord Shaughnessy, on ne veut pas juste changer le monde. On peut aussi donner un sens à sa vie.

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