Deux ans après l'élection du gouvernement de Philippe Couillard, on ne peut toujours pas parler d'un « effet libéral » salvateur pour le Québec.

Gérald Fillion

  Un texte de Gérald Fillion

Cet « effet libéral », promesse de la dernière campagne électorale, devait entraîner une croissance économique de 50 000 emplois par année et une hausse du PIB d'environ 2 %.

La réalité est plus modeste que les promesses : depuis avril 2014, la croissance annualisée est de 1,1 % au Québec et la création d'emplois moyenne est de moins de 30 000 emplois par année.

Pire encore, depuis 12 mois, la situation s'est détériorée : selon Statistique Canada, il s'est créé 25 emplois en moyenne par mois au Québec entre mars 2015 et mars 2016.

En comparaison, l'Ontario a créé plus de 7000 emplois par mois, en moyenne, au cours de la dernière année.

Bref, le marché de l'emploi au Québec est en panne.

L'effet pétrole tarde à se faire ressentir

On a beaucoup dit que la chute du pétrole et du dollar canadien allait avantager les provinces qui exportent une grande partie de leur production.

Le Québec devait faire partie des gagnants, mais l'effet pétrole et dollar ne s'est pas encore fait ressentir.

La croissance du PIB du Québec en 2015 s'est limitée à 1 %, alors que l'Ontario a enregistré une croissance de 2,5 % et que la Colombie-Britannique a bondi de 2,8 %.

Ces deux partenaires commerciaux font de deux à trois fois mieux que le Québec.

La raison principale pour expliquer les chiffres décevants du Québec, c'est la baisse des investissements des entreprises dans l'équipement, la machinerie, les structures non résidentielles, à leur plus bas en 12 ans.

Depuis 2011, la baisse des investissements est de 15 %. Et entre avril 2014, mois de l'élection du gouvernement Couillard, et le 31 décembre 2015, le recul des investissements frôle les 4 %.

Bien sûr, le gouvernement libéral n'est pas entièrement responsable de cette faible croissance de l'économie, voire de sa stagnation. Mais, puisque les gouvernements aiment bien récolter les fleurs quand la croissance est au rendez-vous, il faut aussi souligner leur responsabilité quand ça se passe moins bien. Et si le premier ministre croit que l'État ne crée pas d'emplois, il ne peut nier que les mesures gouvernementales participent à la santé économique du Québec.

En fait, c'est le gouvernement qui est responsable d'attirer des investissements, de stimuler l'entrepreneuriat, de mettre en place le cadre approprié pour générer de la croissance économique. Et, bien sûr, quand le gouvernement annonce une contribution financière dans un projet, il participe à une création de richesse et d'emplois.

Trois erreurs

Les libéraux ont commis trois erreurs. La première, c'est de croire ou de faire croire que la seule présence du PLQ au pouvoir allait redonner confiance aux entreprises après 18 mois de gouvernement minoritaire sous le Parti québécois.

La deuxième, c'est d'avoir misé sur un Plan Nord nouvelle mouture pour stimuler l'économie du Québec. Au moment de l'annonce de la stratégie du gouvernement Couillard en novembre 2014, les prix étaient bas et continuaient de plonger. Et la demande ralentissait en même temps que la croissance du PIB de la Chine faiblissait.

La troisième, et plusieurs économistes l'affirment, c'est d'avoir coupé de façon trop rapide dans ses dépenses de programmes, en éducation et en santé notamment, dans les crédits d'impôt aux entreprises également dès le premier budget.

Plusieurs économistes ont calculé que les mesures de compressions ont pu réduire la croissance de 0,5 à 1 point de pourcentage du PIB.

L'effet libéral n'est pas au rendez-vous. Ce n'est pas catastrophique, loin de là. Mais, l'élan économique que le Québec devait connaître avec l'élection du gouvernement libéral en avril 2014 ne s'est pas produit... ou se fait toujours attendre, disons, pour rester optimiste!

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