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L'EI détruit les tours funéraires de Palmyre

Le groupe armé État islamique (EI) a réduit en poussière plusieurs célèbres tours funéraires du site antique de Palmyre, en Syrie, traduisant une volonté de détruire ce qui reste des trésors de ce site classé Patrimoine mondial de l'UNESCO.

L'EI a détruit au moins trois tours funéraires construites entre les années 44 et 103 après J.-C., dont celle d'Elahbel, a annoncé le directeur syrien des Antiquités.

Cette tour, d'une hauteur de quatre étages, était l'une des constructions funéraires les mieux préservées du site de Palmyre. Ces tours étaient alors construites pour abriter les dépouilles des membres des familles les plus riches de la ville.

Le site Internet du Syrian Heritage Initiative, un institut basé aux États-Unis, a diffusé une image satellitaire montrant la disparition de plusieurs tombes. Cette photo aurait été prise le 2 septembre, selon M. Abdelkarim.

Les monuments funéraires sont situés dans la vallée des Tombes et « témoignent de remarquables méthodes de décoration et de construction », selon la page web de l'UNESCO.

Des attaques idéologiques

Au cours des deux dernières semaines, les djihadistes ont aussi détruit à coup d'explosifs les temples de Baal et Baalshamin, considérés comme les plus impressionnants de la cité.

Outre son lourd bilan humain, avec plus de 240 000 morts et quatre millions d'exilés, la guerre qui ravage la Syrie depuis plus de quatre ans a des conséquences dévastatrices sur un patrimoine d'une valeur internationale inestimable.

L'EI, qui a profité de la guerre civile pour s'implanter en Syrie, s'était emparé le 21 mai de Palmyre, à 205 km à l'est de Damas, après en avoir chassé les forces gouvernementales, suscitant aussitôt des craintes pour l'avenir du patrimoine syrien.

Les djihadistes considèrent les statues ou fresques représentant des hommes ou des animaux comme de « l'idolâtrie » et ont déjà détruit pour cette raison plusieurs trésors archéologiques en Irak et en Syrie.

Le 23 août, les jihadistes ont fait exploser le temple de Baalshamin, à Palmyre. Quelques jours plus tôt, ils avaient exécuté l'ex-patron des Antiquités de la ville, Khaled al-Assad, 82 ans, un des meilleurs experts mondiaux, après l'avoir exécuté.

Dimanche dernier, ils ont rasé le temple de Baal, souvent présenté comme le plus beau du Moyen-Orient avec celui de Baalbek, au Liban.

Les responsables du site ont pu heureusement évacuer le musée et mettre à l'abri plusieurs pièces inestimables.

Plus de 900 monuments ou sites archéologiques ont été touchés, abîmés ou détruits en quatre ans et demi de guerre.

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