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L'enquête de la GRC sur la mort de Colten Boushie a été « bâclée », selon des experts

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a bâclé son enquête sur la mort de Colten Boushie et a fait preuve de négligence, affirment des experts indépendants.

Plusieurs enquêteurs critiquent le fait que la police fédérale n’a pas protégé la scène du crime. Ils dénoncent aussi la GRC pour ne pas avoir envoyé d’analyste sur le terrain après la mort du jeune Autochtone de 22 ans.

« C’est un travail bâclé », affirme Michael Davis, un enquêteur d’homicide basé à Toronto. « C’est clair, la GRC a besoin de plus de formation », tranche-t-il.

Le 9 février, un jury a déclaré non coupable Gerald Stanley, un fermier saskatchewanais de 56 ans, accusé du meurtre au deuxième degré de Colten Boushie.

La famille de Colten Boushie s'était déjà plainte auprès de la GRC au sujet du traitement de la famille le soir où le jeune homme a été tué. Debbie Baptiste, la mère de Colten, a raconté à plusieurs reprises que des agents de police lui avaient demandé si elle était sous l'influence de l'alcool. Ils ont senti son haleine et même fouillé sa résidence sans mandat de perquisition.

Alvin Baptiste soutient que les policiers ont manqué de dignité envers sa soeur, au moment où elle venait d'apprendre la mort de son fils.

« Je crois honnêtement que la GRC en Saskatchewan ne sait pas comment mener proprement une enquête sur un homicide ou a décidé de ne pas donner les ressources nécessaires à cette enquête », affirme l'avocat de la famille de Colten Boushie, Chris Murphy.

Mardi, la Commission civile d'examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC a indiqué qu’elle enquête sur le travail mené par la GRC dans le cas Boushie.

Des preuves clés perdues

Le véhicule dans lequel Colten Boushie a reçu une balle dans la tête n’a pas été protégé et a été exposé à la pluie.

Joe Slemko, qui a 25 ans d’expérience en analyse de taches de sang, y voit une marque de négligence. « Surtout dans un cas impliquant des armes à feu, où les preuves sont éphémères et peuvent disparaitre avec le vent, à plus forte raison dans un cas où il y a une forte pluie », dit-il.

« Les preuves sont parties. Les dommages ont déjà été faits », ajoute M. Slemko.

L'adolescent et d'autres jeunes se trouvaient à bord d'un VUS lorsqu'ils sont entrés dans la propriété de Gerald Stanley le soir du 9 août 2016.

« Pas une vraie enquête »

Après avoir arrêté le 9 aout, Gerald Stanley a été photographié au détachement de la GRC le plus proche de sa ferme. Il a toutefois été rapidement relâché sans avoir fait une déclaration.

Michael Davis estime que la GRC aurait dû prendre la déclaration de Gerald Stanley quand il a été arrêté et non pas le lendemain.

La GRC a confié l’interrogatoire à un simple gendarme plutôt qu’à un enquêteur d'expérience.

Selon l'avocat de la famille Boushie, cela démontre que la GRC n'était pas très investie dans l'enquête.

Michael Davis dit qu’il est surpris que les vêtements de Gerald Stanley n’aient pas été analysés. « Les vêtements auraient dû être saisis pour trouver des résidus de sang ou de tir d’armes », affirme-t-il.

La GRC n’a pas voulu commenter les impressions des enquêteurs indépendants ainsi que les inquiétudes de la famille. La police fédérale affirme qu’elle ne pourra commenter tant que la période de mise en appel de la décision du jury est toujours d’actualité.

La Couronne a jusqu’au 12 mars pour faire appel.

Les experts consultés confirment que des erreurs ont été faites dans l'enquête, mais ne peuvent en conclure que cela aurait pu changer l'issue du procès.

Avec les informations de David Common de CBC

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