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L'enquête de Radio-Canada est « un gros pétard mouillé », selon Péladeau

Pierre Karl Péladeau a réagi aux informations obtenues par l'émission Enquête sur les liens entre Québecor et les paradis fiscaux.

Sur sa page Facebook, le chef du Parti québécois qualifie le reportage sur les liens entre Québecor et les paradis fiscaux de « gros pétard mouillé » et réfère à un courriel échangé en date du 6 octobre entre sa directrice des communications et la journaliste Madeleine Roy, dans lequel elle explique que M. Péladeau a décidé de décliner la demande d'entrevue.

Annick Bélanger explique que M. Péladeau ne croit pas en la volonté de Radio-Canada d'être équitable dans son reportage et cite des exemples du passé pour justifier sa décision. Elle ajoute que si M. Péladeau devait avoir recours aux tribunaux pour atteinte à sa réputation et à son intégrité, il requerrait des dommages exemplaires.

Selon les informations obtenues par l'émission Enquête, plusieurs compagnies ou succursales qui semblent avoir un lien avec l'entreprise québécoise auraient été actives dans une dizaine de paradis fiscaux. Plusieurs d'entre elles auraient agi ainsi pendant la présidence de Pierre Karl Péladeau.

Ce dernier a pourtant répété à plusieurs reprises que, sous sa direction, Québecor n'a jamais eu de filiale dans les paradis fiscaux. Il a même affirmé sur sa page Facebook, vendredi dernier, qu'à titre de président il s'était assuré qu'aucune structure fiscale de nature exotique n'avait été utilisée.

Il a ajouté que s'il y avait eu des entités de ce type, c'est qu'elles existaient déjà dans les entreprises dont Québecor avait fait l'acquisition et qu'elles avaient été démantelées au fil du temps.

Au total, l'équipe d'Enquête a trouvé une trentaine de compagnies et de succursales dans une dizaine d'États considérés comme des paradis fiscaux, notamment à la Barbade, à Hong Kong, aux îles Vierges britanniques et aux îles Caïmans, en Irlande, au Luxembourg, au Panama, à Singapour et en Suisse.

Rien ne permet de conclure à de l'évasion fiscale, une pratique frauduleuse. On aurait plutôt affaire à de l'évitement fiscal, selon les spécialistes que nous avons consultés. Il s'agit d'une forme de planification fiscale pratiquée par les multinationales afin de réduire leur facture d'impôt - une pratique légale, mais de plus en plus décriée.

Québec solidaire se dit préoccupé

La co-porte-parole de Québec solidaire Françoise David juge « grandement préoccupantes » ces révélations de Radio-Canada. Par voie de communiqué, la députée de Gouin dit qu'elle n'est « hélas pas surprise » par ces révélations.

Mme David rappelle qu'en 2014, lors de la campagne électorale, son parti avait déjà attiré l'attention sur le fait que des sociétés liées à Québecor étaient enregistrées au Delaware, ce qui « permettait probablement à l'entreprise de ne pas payer d'impôt au Québec ».

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