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L'Enquête nationale sur les femmes autochtones reviendra au Yukon

Les commissaires de l'Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées comptent revenir au Yukon après que deux fois plus de familles que prévu ont participé aux audiences publiques de Whitehorse.

La commissaire en chef Marion Buller en en a fait l'annonce à l'ouverture de la deuxième journée de témoignages sans toutefois préciser quand cette nouvelle visite aura lieu ni à quel endroit. « Il est trop tôt pour déterminer si ce sera à Whitehorse. » Elle affirme que la première journée était un succès.

La commissaire en chef Marion Buller a confirmé qu'elle demandera bel et bien une prolongation de l’enquête, accompagnée d’une demande de hausse de budget. « Je pense que c’est assez clair que nous aurons besoin de plus de temps pour bien faire notre travail. Ça devient assez évident. »

Le fils de la défunte Wendy Carlick interrompt les procédures

Submergé par l'émotion, le fils de Wendy Carlick, tuée en 2017, s'est invité sur scène, interrompant le témoignage d'une autre famille et insistant pour prendre le micro. Alex Carlick est aussi le frère de Angel Carlick, tuée en 2007.

Deux femmes se sont levées pour entourer le jeune homme qui a quitté la salle de son propre gré après son intervention.

L'art comme forme de témoignage

Certaines familles ont choisi de présenter aux commissaires des chansons ou de la poésie en plus de leur témoignage.

Starr Drynock, qui raconte que sa mère est morte assassinée alors qu'elle n'était qu'un bébé, a présenté une chanson traditionnelle à la commission. Elle a affirmé que la danse et les chants occupent une grande place dans sa vie.

Les forces policières critiquées

Starr Drynock, comme plusieurs témoins, a affirmé n'avoir jamais reçu les dossiers de police concernant sa mère et n'avoir jamais trouvé non plus d'articles de journaux entourant sa mort.

« En 1992, le corps de ma mère s'est retrouvé dans la rivière Nicola, elle avait 22 ans. Mon père a fourni deux noms à la police, mais on lui a répondu qu'ils ne pouvaient pas condamner quelqu'un à partir de rumeurs, sans preuve. Le maire et la police ont conclu à un suicide. »

Edna Deerunner a quant à elle affirmé qu'elle souhaitait obtenir un pardon de la police. Des six enfants de la famille, quatre sont morts de maladies reliées à la consommation d'alcool, de suicide ou de voie de fait, a-t-elle raconté.

Evangeline Billy

Mère de trois enfants, Evangeline Billy a été retrouvée meurtrie et laissée pour morte sur la rive du fleuve Yukon en 2008. Alicia Ann Murphy a plaidé coupable d'homicide un an plus tard, après qu'un verdict de meurtre au second degré fut renversé devant la Cour d'appel du Yukon.

Bella Bresse, la mère d'Evangeline Billy, a affirmé qu'avec ce nouveau verdict, l'accusée a pu quitter la prison, puisque suffisamment de temps s'était écoulé.

Un processus « quasi judiciaire »

Une participante, Joan Jack du village d'Atlin en Colombie-Britannique, avocate et militante, s'est dite choquée par ce qu'elle a observé du processus jusqu'ici. Les témoins doivent, avant de parler, porter serment sur la bible ou avec une plume d'oiseau dans les mains. Les familles sont par ailleurs accompagnées d'avocates qui les guident dans leur témoignage.

Joan Jack doit elle-même témoigner en soutien à la famille de son mari dont la soeur a été trouvée morte à l'âge de 14 ans.

« J'étais sous le choc. Pourquoi, pourquoi l'avocate [...] C'est quasi judiciaire! Pourquoi le Canada a choisi de tenir un processus quasi judiciaire, charmant et flou? Pourquoi? [...] Je me sens revictimisée. Je sais que ça semble dramatique, mais j'ai vraiment pleuré. »

La commissaire en chef Marion Buller explique de son côté que la commission est tenue à certaines procédures à titre de commission d'enquête. « Il y a certaines exigences légales que nous ne pouvons ignorer. »

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