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L'entente de règlement de 875 M $ pour les victimes de la rafle des années 60 approuvée

L'entente de règlement de 875 millions de dollars pour les victimes de la rafle des années 60 a été entérinée à la suite de deux jours d'audiences émouvantes à Saskatoon.

Un texte d'Omayra Issa

Le juge de la Cour fédéral, Michel Shore, a affirmé qu'il avait étudié de façon exhaustive les soumissions pour cette entente depuis la dernière année. L'indemnisation comporte donc 750 millions de dollars qui seront versés aux victimes et à leurs familles, 50 millions qui seront destinés à la mise sur pied d'une fondation qui aidera les victimes de la rafle et 75 millions pour les avocats qui les représentent.

Plus tôt dans la journée, des victimes de la rafle des années 60 avaient remis en question l'aptitude du juge de la Cour fédérale à superviser des audiences sur l'entente de règlement.Le préambule de 16 minutes du juge Michel Shore, au début des audiences dans un hôtel de Saskatoon avait suscité l'exaspération chez certaines victimes.

Celles-ci estimaient que le juge avait vanté les mérites de la fondation proposée dans le cadre de l'entente, faisant valoir que c’était la meilleure façon pour elles de pouvoir témoigner de ce qu'elles avaient vécu, ce qu'elles percevaient comme un parti pris en faveur de l'entente.

« J'étais dégoûté, je devais partir », avait alors déclaré Peter Van Name. Il estimait, tout comme d'autres victimes, que le juge Michel Shore était censé être objectif.

Chaque personne a eu 3 minutes pour se faire entendre lors des audiences qui ont commencé jeudi.

Plus de 150 personnes avaient déjà déposé des avis auprès de la Cour fédérale du Canada demandant de s'exprimer durant les audiences à Saskatoon. Des dizaines d'avocats, de fonctionnaires et de victimes devaient aussi prendre la parole.

Des montants loin de faire l’unanimité

En vertu de cette entente, chacune des victimes membres des Premières Nations pourrait recevoir un maximum de 50 000 $. Ce montant est loin de faire l’unanimité dans leurs rangs.

Certaines d'entre elles estiment que le montant de 75 millions de dollars versés aux avocats est trop élevé.

Les avocats ont passé une grande partie de la journée de vendredi à défendre l’obtention du 75 millions de dollars.

« Les avocats vont recevoir 75 millions de dollars. Ils sont ici pour défendre leurs intérêts. Ils ne sont pas ici pour nous », a déclaré Leticia Racine, une des victimes, jeudi avant la tenue des audiences.

De profondes séquelles

Environ 20 000 enfants autochtones ont été enlevés à leurs parents entre les années 1960 et 1980, une affaire connue sous le nom de « Sixties Scoop ». Ils ont perdu leurs liens familiaux, leur culture et, dans certains cas, ont subi des violences physiques et sexuelles.

« Ce n'est pas une question d'argent », a plaidé Coleen Rajotte.

« Personne ne peut comprendre la douleur d’une victime. L’argent ne peut pas réparer tous les torts, mais la somme de 25 000 $ à 50 000 $ est un montant important », note l’avocat Tony Merchant, dont le cabinet représente approximativement 5000 victimes de la rafle.

De son côté, le ministère des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord souligne que 50 millions sont destinés à la fondation pour notamment aider les survivants à avoir accès à leurs cultures. « C’est un chapitre noir et pénible de notre histoire », a indiqué le bureau de la ministre Carolyn Bennett par voie de communiqué.

Ces fonds s'ajoutent aux 750 millions de dollars en dédommagements pour les victimes, ajoute-t-il.

Avec des informations de Jason Warick de CBC

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