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L'envers du décor avec Jean-François Bélanger et Sylvain Desjardins

À quoi ressemble le métier de correspondant en Europe? À travers le journalisme, la musique et la nourriture, Jean-François Bélanger et Sylvain Desjardins nous en donnent un aperçu.

Une couverture marquante

  • Jean-François Bélanger

« Le caméraman Sergio Santos et moi étions de retour de reportage en Allemagne lorsque se sont produits les attentats du 13 novembre à Paris. En fait, nous nous trouvions dans le train lorsque nous avons appris la nouvelle. Sitôt arrivés à Paris, impossible de trouver un taxi, nous avons donc marché au pas de charge en traînant quatre lourds bagages de la gare de l'Est vers le Bataclan où se poursuivait la prise d'otages.

Une fois arrivés sur place, nous avons dû persuader les policiers de nous laisser nous approcher le plus possible en expliquant que nous habitions dans le quartier.

Finalement, nous étions à un coin de rue lorsqu'a débuté à Montréal Le Téléjournal de 18 h. C'est donc avec la caméra de mon téléphone cellulaire que nous avons pris l'antenne en direct pour décrire les événements, l'assaut des unités d'élite de la police nationale.

Par la suite, nous sommes allés déposer nos bagages et avons entrepris une longue nuit de couverture en direct alors que la planète entière vibrait au rythme de Paris. » - Jean-François Bélanger

  • Sylvain Desjardins

« Lobby de l'hôtel Imperial à Sousse, en Tunisie, le 27 juin. Il est 2 heures du matin. Les clients sont rassemblés pour évacuation.On les fait monter dans des bus pour l'aéroport. Des avions ont été affrétés pour les ramener. L'attentat a eu lieu sur la plage et dans le lobby de l'hôtel dans l'après-midi précédent : 38 morts.

Les touristes sont sous le choc. Le caméraman Mathieu Hagnery et moi venons d'arriver. L'entrée est interdite aux journalistes. Je rentre seul, sans équipement; on me prend pour un des touristes. Dans la file, je discute avec un couple de jeunes Britanniques. Ils tremblent, leurs voix sont étouffées.

Le jeune homme est un grand costaud. Il me raconte qu'au moment de l'attentat, il est renté en catastrophe dans l'hôtel quand il a entendu les coups de feu, il cherchait désespérément sa compagne qui était dans la piscine. Celle-ci l'interrompt pour me dire qu'elle était dans l'hôtel quand le tueur est entré. Elle s'est réfugiée dans un bureau de l'administration avec d'autres clients, elle entendait les coups de feu, elle était certaine qu'elle allait mourir.

Autour de nous, il y a encore des traces de sang sur le plancher. Ils disent qu'ils sont tristes pour la Tunisie, mais qu'ils ne reviendront plus en vacances dans ce pays.

Je n'ai pas pu enregistrer cet entretien, je n'avais pas le droit d'être là. » - Sylvain Desjardins

Derrière la caméra

Sur la photo, on vous fait découvrir une personne que vous ne connaissez pas, pourtant essentielle aux reportages que vous voyez : Sergio Santos, caméraman. Voici comment le décrit notre correspondant Jean-François Bélanger.

« Sergio Santos est un artiste. Un caméraman d'une grande sensibilité qui a le don de voir et d'immortaliser la poésie au milieu du drame, la fleur qui pousse dans la fissure d'une dalle de béton.

C'est un perfectionniste, un éternel insatisfait à qui je dois beaucoup, car il nous pousse tous deux à toujours placer la barre plus haut en termes de qualité de reportages.

Il est aussi doté d'un grand calme et d'une grande sagesse, qui font de lui un compagnon de route inestimable lorsque l'on est confrontés à des situations difficiles, stressantes, dangereuses. » - Jean-François Bélanger

Un plat typique

Comme il n'y a pas que l'actualité, nous avons demandé à chacun de nos correspondants quel est leur plat préféré dans leur région de couverture.

  • Jean-François Bélanger

« Mon plat préféré est un plat emblématique du bistrot parisien : le jarret d'agneau. Celui ci vient du restaurant Le Loup, dans le quartier des Halles. » - Jean-François Bélanger

  • Sylvain Desjardins

« Le cabillaud, le nom qu'on donne à la morue, ici. Cette photo a été prise dans un petit bistrot du 10e arrondissement, le 12 novembre, la veille des attentats. Je mange beaucoup plus de poisson depuis que je vis ici. Le bar, le lieu, la sole etc. Le poisson est beaucoup plus répandu ici qu'au Québec. Dans les marchés, dans les restos. » - Sylvain Desjardins

Une chanson qui a marqué l'année?

  • Jean-François Bélanger

« Une chanson emblématique : Paris sera toujours Paris, de Zaz, reprise de la chanson de Maurice Chevalier. Cette chanson qui décrit l'esprit de résistance de Paris face à l'adversité, la volonté de continuer à fêter est devenue emblématique après les attentats de Paris, tout comme le livre d'Ernest Hemingway, Paris est une fête.

Les terrasses de café sont devenues un lieu de résistance, les Parisiens y affluant en masse, suivant des mots d'ordre lancés sur les réseaux sociaux pour affirmer haut et fort qu'ils ne se laisseraient pas intimider et qu'ils ne changeraient pas leur mode de vie. » - Jean-François Bélanger

  • Sylvain Desjardins

« J'écoute très peu de musique depuis que je vis en France. Malheureusement. Mais je trouve que ce bon vieux Alain Souchon est toujours de mise. Et sa Foule sentimentale l'est particulièrement par les temps qui courent. J'ai aussi découvert La Grande Sophie, Christine and the Queens et d'autres. » - Sylvain Desjardins

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