Retour

L'équipe de l'Enquête sur les femmes autochtones se veut rassurante malgré la vague de démissions

Après les inquiétudes soulevées par la vague de démissions au sein de l'équipe de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA), Michèle Audette, l'une des cinq commissaires, affirme qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter.

Vendredi, l’annonce de la démission de la directrice de l’ENFFADA Michèle Moreau – la cinquième au sein de l’équipe depuis février – a vivement fait réagir la présidente de Femmes autochtones du Québec, Viviane Michel.

Mme Michel s’est dite préoccupée par ce départ soudain – motivé par des raisons personnelles – affirmant qu’il « manquait beaucoup de réponses par rapport à [ses] questionnements ».

« On a besoin d’être rassuré que tout va aller pour le mieux, on ne sait absolument rien », a-t-elle soutenu.

La commissaire Michèle Audette soutient pour sa part que l’ENFFADA a déjà trouvé une remplaçante à la directrice Michèle Moreau et affirme qu’un processus de transition est en cours.

« Un choix a été fait auprès d’une candidate qui va venir travailler avec Mme Moreau pour le transfert des connaissances […] », explique-t-elle.

Michèle Audette comprend « qu’un départ puisse faire réagir et amener certaines préoccupations », mais assure qu’un « leadership solide et efficace » a été mis en place pour pallier les départs survenus au cours des derniers mois.

Des « lenteurs » dénoncées

Viviane Michel a également dénoncé « des lenteurs » en ce qui a trait à l’attribution aux organismes du statut de participant pour les audiences de l’enquête nationale. Elle déplore également des « problèmes de structure » qui l'empêche de voir clairement « où [on] s'en va ».

La présidente de la FAQ a souligné qu’elle trouvait la situation inhabituelle d’autant plus que son organisme avait facilement obtenu le statut de participant à la commission provinciale déclenchée dans la foulée des allégations d'agressions sexuelles de Val d’Or.

La sortie de Mme Michel a fait sourciller Fanny Wylde, l’avocate de la commission, qui assure que son équipe est en contact avec la FAQ depuis plusieurs mois.

« Nous avons rencontré à maintes reprises l’organisation Femmes autochtones du Québec. Une première fois en septembre, ensuite en octobre et en novembre. Dernièrement on a rencontré les avocats [de la FAQ] à Trois-Rivières », dit-elle.

Fanny Wylde ajoute qu’elle a clairement indiqué aux avocats de la FAQ que l’organisme avait été retenu pour participer aux audiences et « qu’il recevrait les modalités par écrit sous peu ».

La commissaire Audette rappelle pour sa part que les travaux sont déjà amorcés et que 58 personnes sont actuellement déployées sur le terrain pour veiller à leur bon fonctionnement. Elle ajoute que plusieurs organismes et familles ont déjà été rencontrés d’un bout à l’autre du pays.

« [Le travail se poursuit] constamment », s’exclame-t-elle. « Pour arriver à des audiences dans lesquelles on va démontrer qu’il a des causes systémiques ou qu’il y a des tendances qui existent, et bien, c’est toute une collection de preuves. Au moment des audiences, on présente les preuves, mais le ''avant'' est aussi très important », conclut-elle.

Le rapport final de l’ENFFADA est attendu à la fin de 2018.

Avec les informations de Marie-Laure Josselin

Plus d'articles

Commentaires