Un fidèle supporteur de Trump récompensé

Sénateur républicain de l'Alabama, Jeff Sessions, qui aura bientôt 70 ans, a occupé les fonctions de secrétaire à la Justice de son État jusqu'à son entrée au Sénat, en 1997.

Premier membre en exercice de la chambre haute du Congrès à soutenir la candidature de Donald Trump, en février dernier, il a dirigé pendant la campagne un groupe chargé de conseiller le candidat républicain sur les questions internationales.

En le choisissant, le président désigné récompense un fidèle dont les déclarations intransigeantes, voire incendiaires sur l'immigration, épousent celles du milliardaire. Jeff Sessions s'oppose à toute régularisation des sans-papiers et soutient avec enthousiasme le projet de construction d'un mur entre les États-Unis et le Mexique.

En 1986, sa nomination comme juge fédéral avait été rejetée en raison de propos racistes qui lui avaient été prêtés. Il s'était défendu d'être raciste, tout en accusant des mouvements comme l'Association nationale pour l'avancement des gens de couleur (NAACP) d'être « anti-américains ».

Un conseiller à la sécurité réputé impulsif

Ancien directeur de l'Agence du renseignement de la Défense (DIA), Michael Flynn, 57 ans, a joué un rôle clé dans la campagne de Donald Trump, prodiguant lui aussi des conseils en matière d'affaires internationales.

Ce général à la retraite estime avoir été injustement écarté de la DIA en 2014 pour des propos sur la guerre contre l'extrémisme islamiste.

Ses détracteurs ont critiqué son style de gestion qui lui a valu de se mettre à dos certains de ses subordonnés, en voulant réorganiser l'agence dans la précipitation. Ils soulignent que le poste de conseiller national à la sécurité exige du doigté et de la diplomatie.

Adam Schiff, membre démocrate de la Commission des Renseignements de la Chambre des représentants, s'interroge sur le tempérament du futur conseiller à la sécurité, estimant que Donald Trump aurait besoin de quelqu'un de plus stable et « rigoureux dans l'analyse » plutôt que d’un « conseiller impulsif ».

Un critique reconnu de Clinton à la tête de la CIA

Élu républicain du Kansas à la Chambre des représentants, Mike Pompeo, 52 ans, siégeait à la commission du renseignement dans le Congrès sortant.

Il a participé à la commission d'enquête sur l'attaque du consulat des États-Unis à Benghazi, en Libye, en septembre 2012, où il était reconnu pour ses critiques à l’endroit de la secrétaire d'État Hillary Clinton.

D’autres personnalités sont par ailleurs pressenties pour pourvoir d’importants postes au sein du prochain gouvernement.

Le candidat défait à la présidentielle de 2012 Mitt Romney pourrait se retrouver à la tête de la diplomatie américaine. Malgré ses critiques acerbes à l’endroit de Trump, l’ancien gouverneur du Massachusetts se retrouve dans la liste de prétendants au poste de secrétaire d’État, en compétition avec l’ancien maire de New York Rudy Giuliani, la gouverneure de Caroline du Sud Nikky Haley et l’ancien ambassadeur auprès des Nations Unies sous l’administration Bush, John Bolton.

Sarah Palin, ancienne gouverneure de l’Alaska et ex-candidate à la vice-présidence, figure parmi les aspirants au poste de secrétaire de l’Intérieur. Dans la liste, on retrouve aussi Jan Brewer, ancien gouverneur de l’Arizona, de Forrest Lucas, fondateur de la société Lucas Oil, et Robert Grady, associé à la société Gryphon Investors.

Le magnat des hydrocarbures de l'Oklahoma Harold Hamm se retrouve également en lice, mais pourrait se retrouver en tête de liste pour le poste de secrétaire de l’Énergie.

Âgé de 70 ans, M. Hamm détient l’une des plus grosses fortunes du pays grâce à sa compagnie Continental Resources, qui se spécialise dans l’extraction des gaz de schiste par la fracturation hydraulique au Dakota du Nord.

Dans le même État, l’élu Kevin Cramer est aussi pressenti pour ce poste. Il en va de même pour le PDG de Nautilus Data Technologies, James Connaughton et le cofondateur du groupe Devon Energy , Larry Nichols.

L’équipe Trump hésiterait entre le sénateur de l’Arkansas Tom Cotton, l’ancien sénateur de l’Arizona Jon Kyl, le membre de la Commission des forces armées de la Chambre Duncan Hunter, l’ancien sénateur du Missouri Jim Talent et la sénatrice sortante du New Hampshire Kelly Ayotte pour pourvoir le poste de secrétaire à la défense.

Le secrétariat au Trésor pourrait quant à lui se retrouver entre les mains du directeur de la campagne électorale, Steven Mnuchin, ancien de Goldman Sachs ou de Jeb Hensarling, élu républicain du Texas à la Chambre des représentants.

Les CV de Jamie Dimon, directeur général de la banque JPMorgan Chase & Co, et de Tom Barrack, fondateur et président du groupe de capital investissement Colony Capital, sont également étudiés par les conseillers du président élu.

Donald Trump et son équipe doivent entrer en fonction le 20 janvier prochain.

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