Aux États-Unis, les républicains assoient leur mainmise du pouvoir avec l'entrée en fonction, mardi, des membres du Congrès. Leur but avoué est de déconstruire l'héritage de Barack Obama.

La nouvelle session législative s'est ouverte au Congrès avec un revirement de situation, les membres de la Chambre des représentants ayant tué dans l'œuf, mardi midi, le projet de retirer pratiquement tout pouvoir à un bureau d'éthique indépendant et bipartisan.

Cet organisme avait été créé en 2008 dans la foulée d'allégations de corruption contre trois élus, finalement condamnés à la prison. Il enquête sur de possibles malversations de la part d'élus, de fonctionnaires ou d'assistants parlementaires de la Chambre des représentants.

Mais la décision (prise à huis clos) de transformer substantiellement cet organisme de supervision n'a pas plu à Donald Trump, qui avait promis, en campagne électorale, d'instaurer plus d'éthique à Washington.

Faisant fi de tout devoir de réserve, le président désigné a critiqué cette décision des membres de son propre parti sur Twitter, mardi. Selon M. Trump, d'autres priorités attendent les élus, telles la réforme de l'assurance maladie (dite Obamacare) ou encore la révision du régime fiscal.

Quelque deux heures après les publications sur Twitter du président désigné, les républicains de la Chambre sont revenus sur leur intention de réduire les pouvoirs du bureau d'éthique et ont retiré le projet de loi.

Paul Ryan préside de nouveau la Chambre basse

Par ailleurs, les élus ont reporté sans surprise le républicain Paul Ryan au poste de président de la Chambre des représentants par 239 voix, contre 189 voix pour la démocrate Nancy Pelosi.

Paul Ryan, 46 ans, avait aspiré sans succès à la vice-présidence du pays en 2012. Durant la campagne électorale de l'automne dernier, il avait pris ses distances de Donald Trump sans pour autant lui retirer son appui. Depuis l'élection, toutefois, les relations entre les deux hommes se sont améliorées.

Les républicains règnent en maîtres

Le 8 novembre dernier, en plus de remporter la Maison-Blanche, les républicains de Donald Trump ont conservé leur majorité dans les deux chambres du Congrès, c'est-à-dire le Sénat et la Chambre des représentants. Pareille situation ne s'était pas vue depuis 2007.

En premier lieu, le Congrès nouvelle mouture doit entériner la nomination de la vingtaine de personnes nommées par Donald Trump, comme l'ex-PDG d'ExxonMobil Rex Tillerson, qui sera chef de la diplomatie.

Effacer l'empreinte d'Obama

Les membres du Congrès s'attaqueront ensuite à d'importantes réformes. En tête de liste figure l'abrogation de quelques-unes des composantes, voire de l'entièreté de l'Obamacare, politique emblématique de l'ère de Barack Obama.

Cette assurance maladie couvre ceux qui ne bénéficiaient d'aucune protection par le passé et améliore la protection d'autres citoyens. Les républicains auront fort à faire pour la remplacer sans désavantager les quelque 14 millions de personnes inscrites en vertu de l'Obamacare.

Dès mardi, au Sénat, le républicain Mike Enzi a déposé une résolution autorisant l'abrogation de l'Obamacare. Il s'agit toutefois d'un geste symbolique pour le moment, car la réforme de l'assurance maladie pourrait prendre des mois.

De leur côté, les démocrates comptent mettre des bâtons dans les roues aux républicains; le président Obama doit d'ailleurs rencontrer, demain, les démocrates du Congrès afin d'élaborer une stratégie destinée à sauver l'assurance maladie.

La fiscalité et l'environnement dans la mire de Trump

Nous allons mettre de l'avant des législations destinées à nous donner les outils pour renverser l'avalanche de bureaucratie et de règlements qui ont étouffé la croissance et la création d'emplois.

Mike Pence, vice-président désigné des États-Unis

Donald Trump, qui deviendra officiellement le 45e président des États-Unis le 20 janvier, entend aussi réduire l'imposition des entreprises et simplifier le régime fiscal de son pays. Il en a aussi contre les politiques environnementales votées par l'administration Obama.

Avec les informations d'Hugo Lavallée

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