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L'état des droits des Afro-Canadiens sous la loupe de l'ONU

Le Canada comparaîtra mardi devant un comité des Nations unies pour défendre son bilan sur la lutte contre la discrimination raciale. L'ONU soutient que le racisme contre les personnes noires se trouve au coeur de nombreuses institutions canadiennes, ce qui contribue aux inégalités socioéconomiques.

Des consultations sur l'état des droits des Afro-Canadiens avaient été menées par un groupe de travail de l’ONU lors d'une mission à Ottawa, Toronto, Halifax et Montréal en octobre 2016. Leurs conclusions seront officiellement déposées mardi devant le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH).

Selon le comité, encore trop de Canadiens de descendance africaine vivent « dans la pauvreté, ont une mauvaise santé, ont un faible niveau de scolarité et sont surreprésentées dans le système de justice ».

Une délégation d’Héritage Canada doit répondre aux questions d’experts indépendants concernant l’adhésion du Canada à la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale. La question des droits des Afro-Canadiens et des Autochtones sera à l'ordre du jour.

Parmi les différentes formes de discrimination mentionnées, le rapport note que :

  • les Afro-Canadiens sont surreprésentés dans les prisons et dans le système judiciaire;
  • les corps policiers canadiens pratiquent le profilage racial;
  • plus de 40 % des crimes haineux au Canada sont perpétrés contre les Afro-Canadiens;
  • les programmes scolaires omettent une grande partie de l’histoire et de la culture d'origine noire et africaine-canadienne.

« Dans notre conversation avec les Canadiens d'origine africaine, nous avons constaté que l'histoire d’esclavage, de ségrégation raciale et de marginalisation a eu un impact néfaste sur les personnes d'ascendance africaine qui doivent être traitées en partenariat avec les communautés africaines canadiennes », a souligné dans un communiqué de presse Ricardo Sunga, l’un des experts du comité.

Situation « déplorable » en Nouvelle-Écosse

Le groupe de travail onusien soutient aussi que le gouvernement provincial ne va pas assez loin dans sa démarche d'accorder des titres de propriété aux loyalistes noirs s'étant réfugiés en Nouvelle-Écosse. La Nouvelle-Écosse avait promis en 1963 de régulariser la situation, mais trop peu de cas ont été réglés et plusieurs requêtes ont été rejetées.

L’ONU estime que le processus est inéquitable, discriminatoire et trop complexe. De plus, les coûts exorbitants ont eu une incidence sur le nombre d'Afro-Canadiens qui ont déposé une requête.

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a annoncé lundi qu'il tiendrait une conférence de presse à ce sujet mercredi matin.

Que peut faire Ottawa pour combattre la discrimination raciale?

Le rapport souligne diverses actions déjà entreprises par le Canada, mais suggère une quarantaine d’initiatives afin de corriger les disparités. Ces mesures sont semblables à celles proposées pour les Autochtones.

Le Canada a soumis un rapport détaillé de 37 pages décrivant les mesures adoptées pour « améliorer la mise en oeuvre » de la convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale depuis son dernier examen, en 2012.

On recommande toutefois au Canada de :

  • présenter des excuses pour la période d'esclavage qui a existé au Canada à partir du 17e siècle;
  • reconnaître les Afro-Canadiens comme un groupe distinct;
  • créer un ministère des Affaires afro-canadiennes;
  • éliminer toute forme de discrimination au sein des corps policiers;
  • enseigner et souligner davantage l’histoire des Afro-Canadiens et leur contribution à la société canadienne;
  • élaborer une stratégie contre le racisme envers les Noirs dans le système de justice criminelle.

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