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L'évacuation d'Alep au point mort, poursuite des négociations

Des négociations se poursuivaient samedi entre les rebelles syriens et le gouvernement de Damas sur l'évacuation des civils d'Alep-Est toujours suspendue en raison des demandes de milices chiites liées à l'Iran qui exigent la levée du siège de deux villages de la province d'Idlib.

Les organisations humanitaires, inquiètes du blocage provoqué, ont appelé les parties en présence à s'entendre le plus rapidement possible et à fournir des garanties sur les conditions de sécurité de cette évacuation.

Samedi en fin d'après-midi, alors que la nuit et le froid commençaient à tomber sur Alep-Est, aucun bus n'était entré ni sorti de l'enclave autrefois tenue par les rebelles syriens.

L'évacuation entamée jeudi avait été interrompue le lendemain en raison de demandes des forces progouvernementales chiites qui exigeaient le départ de personnes assiégées par les insurgés à Al-Fouah et à Kefraya, dans la province d'Idlib.

Un responsable rebelle Al-Farouk Abou Bakr, qui s'exprimait d'Alep sur la chaîne de télévision Arabiya al Hadath, a d'abord annoncé qu'un accord avait été négocié.

Celui-ci prévoyait l'évacuation des deux villages chiites, l'évacuation des personnes blessées de Madaya et Zabadani, deux communes bloquées par les forces progouvernementales près de la frontière libanaise, et l'évacuation totale de la partie est d'Alep.

L'information a été confirmée dans l'entourage du gouvernement syrien.

« Il a été décidé de reprendre les évacuations d'Alep-Est en parallèle avec l'évacuation des cas [médicaux] de Kefraya et Al-Foua et de certains cas de Zabadani et Madaya », a confirmé une personne faisant partie de l'équipe de négociations pour le gouvernement syrien.

Le Hezbollah, milice chiite soutenant le régime d'Assad, a alors annoncé que des autocars avaient quitté Alep pour rejoindre Al-Foua et Kefraya où ils seront utilisés pour acheminer les civils quittant ces deux localités.

Toutefois en milieu d'après-midi, Mounir Al-Sayal, chef de l'aile politique du groupe Ahrar Al-Cham participant aux négociations avec le régime syrien, a annoncé que l'Iran entravait le processus, mettant comme préalable l'évacuation d'Al-Foua et de Kefraya.

« La Russie ne parvient pas à maîtriser les milices chiites dans Alep pour mettre en oeuvre l'accord et Moscou devrait se tenir à ses engagements », a-t-il déploré, précisant que les conditions météorologiques difficiles rendaient ces évacuations urgentes.

Appel des ONG

À Genève, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a demandé une sortie sans entrave des civils d'Alep-Est ainsi que l'arrêt immédiat du conflit afin d'empêcher de nouvelles pertes humaines ailleurs dans le pays.

« Il y a un risque important que ces déplacements [de populations] et que les souffrances ne s'arrêtent pas et qu'elles se répètent ailleurs. Le conflit en Syrie doit s'arrêter maintenant et sans délai pour la protection des civils », a déclaré le haut-commissaire du HCR, Filippo Grandi.

De son côté, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a exhorté les parties en guerre à s'accorder rapidement sur un plan d'évacuation et a réclamé des garanties « solides » de sécurité.

« Nous sommes prêts à reprendre les opérations d'évacuation suivant notre mandat humanitaire. Mais nous attendons de toutes les parties sur le terrain qu'elles nous fournissent des garanties solides afin que les opérations puissent se poursuivre », a déclaré la chef de la délégation du CICR en Syrie, Marianne Gasser, dans un communiqué diffusé depuis Alep.

Le CICR précise que des milliers de personnes apeurées et prises dans le froid, y compris des femmes, des enfants, des malades et des blessés, sont dans l'attente de quitter les quartiers orientaux de la ville.

« Les gens attendent de nous que nous poursuivions l'évacuation. Il est important que les parties sur le terrain fassent tout leur possible pour mettre fin à ce chaos », a ajouté Marianne Gasser, précisant que pour l'instant le CICR avait réussi à évacuer environ 10 000 personnes dont beaucoup étaient dans un état de santé grave.

Selon un responsable du ministère russe de la Défense cité par les agences de presse locales, l'évacuation des rebelles d'Alep ouvre de nouvelles possibilités de cessez-le-feu dans d'autres parties de la Syrie.

La confusion dans laquelle se fait l'évacuation d'Alep-Est est le reflet de la complexité de la guerre civile en Syrie dans laquelle sont impliqués, de chaque côté, de très nombreux groupes et intérêts étrangers.

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