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L'évacuation d'Alep-Est se poursuivra sous le regard de l'ONU

L'évacuation des habitants d'Alep-Est, qui a repris lundi en Syrie, se fera désormais en présence d'observateurs de l'Organisation des Nations unies. Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité la résolution française assurant la présence d'observateurs internationaux pour témoigner des évacuations d'Alep-Est et de la sécurité des civils demeurant dans la ville syrienne.

Le texte de la résolution de l’ONU a été préparé par la France à la suite de tractations avec la Russie.

La résolution prévoit que l’ONU déploie rapidement du personnel humanitaire – déjà présent en Syrie – afin d’effectuer « une surveillance adéquate, neutre et une observation directe » de « l'évacuation des parties assiégées d'Alep ».

La « résolution humanitaire » présentée par la France vise à éviter la répétition d’un scénario à la Srebrenica – ville de Bosnie où a été commis le pire massacre que l’Europe ait connu depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale –, selon l’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre.

Malgré l’adoption de cette résolution, que la Russie menaçait de bloquer en opposant son droit de veto au Conseil de sécurité, le régime syrien du président de Bachar Al-Assad pourrait toujours refuser aux observateurs internationaux l’accès à la zone touchée. « C'est un point de départ, a déclaré l’ambassadeur français. Nous serons extrêmement vigilants », a-t-il ajouté.

Le régime syrien a, par le passé, bloqué à plusieurs reprises le passage de l’aide humanitaire envoyée par l’ONU aux insurgés. Le secrétaire général de l’ONU devra, dans les cinq prochains jours, indiquer au Conseil de sécurité si les autorités syriennes ont donné aux observateurs un accès aux zones d’évacuation.

Les évacuations d’Alep-Est ont ainsi repris en même temps que celle de la population de deux villages chiites assiégés par les rebelles dans la province d'Idlib. Étroitement liées depuis plusieurs jours, ces séries d’évacuations reprennent après plusieurs jours de face-à-face tendu.

Plusieurs convois ont déjà quitté la dernière enclave rebelle tenue par les insurgés d’Alep-Est. Au total, une soixantaine d’autocars ont rejoint les zones rebelles situées à l’ouest de la ville syrienne, selon un responsable de l’ONU et l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré que 20 000 civils avaient pu quitter le dernier secteur rebelle d'Alep jusqu'à présent, dont 12 500 depuis dimanche à minuit.

Une cinquantaine de pensionnaires d'un orphelinat ont notamment été évacués, lundi matin, selon l'Unicef. « Ce matin, 47 enfants pris au piège dans un orphelinat ont été transportés en sécurité, dont certains dans un état grave en raison de blessures et de déshydratation », a déclaré le directeur régional de l'Unicef, Geert Cappelaere, dans un communiqué.

Au même moment, une dizaine d'autocars ont quitté les localités chiites d'Al-Foua et de Kefraïa pour rejoindre les quartiers tenus par le régime syrien à Alep. Les deux villages sont encerclés par les insurgés au nord de la ville d'Idlib.

La télévision d’État syrienne rapporte que quatre autocars remplis de civils, dont certains sont blessés, ont déjà atteint leur destination. Assiégés depuis plusieurs années, les habitants de ces deux villages doivent leur évacuation à l’intervention de l’Iran qui liait les évacuations d’Alep-Est à celles d’Al-Foua et de Kefraïa.

Tractations entourant les évacuations

Plusieurs autocars envoyés vers Al-Foua et Kefraïa pour procéder aux évacuations avaient été attaqués et incendiés, dimanche, par des hommes armés scandant « Dieu est le plus grand! ». Ces derniers brandissaient leurs armes devant les véhicules en flammes, selon une vidéo mise en ligne sur Internet.

Ces attaques ont failli compromettre le processus d’évacuation amorcé jeudi au prix d’intenses négociations entre la Russie – principal allié militaire du régime du président syrien Bachar Al-Assad – et la Turquie, qui appuie certains groupes rebelles.

Les chefs de la diplomatie de la Russie, de la Turquie et de l’Iran ont rendez-vous à Moscou, mardi, afin de discuter de la suite des opérations sur le territoire syrien. « Ce n'est pas une réunion miracle, mais cela fournira à chacun l'occasion d'écouter ce que les autres ont à dire », a déclaré un diplomate turc.

En attendant que leur sort soit fixé, les habitants du dernier réduit rebelle d’Alep-Est patientent dans le froid et l’humidité, faute d'abris et en l'absence presque totale de services d'aide. « Tout le monde attend de pouvoir être évacué », a confié un enseignant, Salah Al-Attar, qui attend son tour avec ses cinq enfants, sa femme et sa mère.

Les organisateurs de l'évacuation ont attribué un numéro à chaque famille pour déterminer l’ordre dans lequel elles auront accès aux autocars d’évacuation. Des milliers de civils et de rebelles doivent encore être évacués d’Alep, selon un dirigeant onusien, Jan Egeland. Ce dernier estime que la chute d’Alep constitue un tournant dans la guerre civile qui ravage la Syrie depuis près de six ans et qui a fait quelque 300 000 morts.

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