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L'ex-président Lula interpellé dans le scandale de corruption Petrobras

L'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, dit Lula, a été amené par la police fédérale pour être interrogé dans le cadre d'une enquête sur un réseau de corruption au sein de la société pétrolière d'État Petrobras.

La police fédérale brésilienne a confirmé avoir effectué des fouilles et des perquisitions dans trois États brésiliens, dont celui de Sao Paulo, où réside l'ancien président aujourd'hui âgé de 70 ans. La police a effectué des perquisitions dans plusieurs propriétés appartenant à Lula, dont sa résidence de Sao Bernardo do Campo, dans l'État de Sao Paulo.

L'ancien président a été interrogé par les enquêteurs pendant environ quatre heures avant d'être relâché. Un porte-parole de la police a indiqué que l'interrogatoire « avait été calme » et que M. da Silva « avait répondu aux questions qui lui ont été posées ».

« Je ne crains pas » la justice

« S'ils voulaient m'entendre, il fallait juste me convoquer et j'y allais; je ne dois rien [à personne] et je ne crains pas » la justice, a souligné Lula en conférence de presse depuis l'Institut qui porte son nom à Sao Paulo. Sur les conseils de ses avocats, Lula avait toutefois refusé de répondre aux questions des enquêteurs la semaine dernière.

Les avocats de M. da Silva ont demandé à la Cour suprême de suspendre l'enquête dont fait l'objet l'ancien président du Brésil. Une requête que la Cour n'a toujours pas traitée.

De son côté, la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, a qualifié d'« inutile » l'interpellation de Lula. « Je fais part de mon désaccord complet sur le fait qu'un ex-président de la République, qui a comparu volontairement à plusieurs reprises pour être interrogé par les autorités compétentes, soit maintenant soumis à une interpellation », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Les enquêteurs tentent de déterminer si des travaux de rénovation réalisés à deux résidences de l'ancien président constituaient des faveurs obtenues en échange d'avantages politiques. Le procureur Carlos Fernando dos Santos Lima a déclaré, au cours d'une conférence de presse, que « personne n'est au-dessus de la loi ».

« Près de 200 policiers ont exécuté 44 mandats judiciaires, dont 33 mandats de fouilles et perquisitions et 11 mandats d'amener dans les États de Rio de Janeiro, Sao Paulo et Bahia », a déclaré la police fédérale (PF) par voie de communiqué.

L'ancien président Lula (2003-2010) aurait personnellement profité d'un système de corruption à Petrobras. Il aurait eu recours à des pratiques frauduleuses pour financer des campagnes électorales et payer des dépenses du Parti des travailleurs, dont il était le chef.

« Il y a des preuves selon lesquelles l'ex-président Lula a reçu de l'argent du réseau [de fraudes] Petrobras par le biais de la restauration d'un appartement triplex et d'une maison de campagne à Atibaia, affirme la Couronne. On enquête aussi sur des versements faits à l'ex-président par des entreprises impliquées dans l'enquête sur la corruption, à titre de dons présumés et conférences. »

Perquisitions et affrontements

Les locaux de l'Institut Lula ont également été visités par les enquêteurs. M. Lima et les autorités fiscales enquêtent sur des paiements et des dons de 8 millions de dollars américains faits à la fondation de l'ancien président par des entrepreneurs en construction.

Sa femme, deux de ses fils et la fondation portant son nom - Institut Lula - sont également visés par l'opération policière à Sao Paulo.

Les partisans de Lula ont réagi avec colère, publiant sur Twitter le message suivant : « Nous devons maintenant réagir », en utilisant les mots de référence « LulaPoliticalPrisoner », qui veut dire Lula prisonnier politique.

Des heurts ont même éclaté devant la résidence de Sao Bernardo do Campo de l'ancien président entre des partisans et des détracteurs de Lula. Des douzaines de policiers ont dû intervenir pour disperser les belligérants.

L'opération policière s'inscrit dans le cadre de l'enquête « Lave-auto », lancée en 2014, visant un réseau de corruption au sein de la société pétrolière publique Petrobras. Le système de corruption aurait coûté au moins 2 milliards de dollars à Petrobras.

Un sénateur impliqué dans le scandale de corruption, Eduardo Cunha, contre qui une kyrielle de chefs d'accusation ont été déposés jeudi, se serait mis à table et aurait fait des déclarations incriminant l'ancien président Lula et la présidente en exercice, Dilma Rousseff.

Le camp Lula contre-attaque

Dans un communiqué, la fondation de Lula a déclaré que l'arrestation de l'ancien président était « une agression contre l'esprit du droit et la société brésilienne ». La fondation, qui a toujours démenti toute malversation de la part de Lula, a qualifié son arrestation d'« arbitraire, illégale et injustifiée ».

Les leaders du Parti des travailleurs se sont portés à la défense de Lula. Le ministre du Travail, Miguel Rossetto, a notamment déclaré que sa détention était « une attaque claire contre tout ce que Lula représente ».

« Ce n'est pas de la justice, mais de la violence », a poursuivi M. Rossetto.

Lula, l'ex-président 

Ancien syndicaliste issu de l'industrie de la sidérurgie, Lula a été président du Brésil de 2003 à 2010, période au cours de laquelle la majorité des malversations se sont produites, selon le ministère public.

L'arrestation de l'homme politique le plus populaire de l'histoire récente du Brésil pourrait éclabousser le gouvernement de la présidente Dilma Rousseff, qui a succédé à Lula. Considérée comme sa dauphine, Mme Rousseff dément avoir commis quelque malversation que ce soit.

Mme Rousseff a pris ses distances de l'ancien président au cours des derniers mois en raison du parfum de scandale l'entourant. Bien qu'elle ne soit toujours pas directement mise en cause dans le dossier de corruption au sein de Petrobras, Mme Rousseff doit faire face à une tentative de destitution devant le congrès brésilien.

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