Le gouvernement colombien et les FARC signent aujourd'hui un accord historique fixant les modalités de résolution du conflit qui ravage le pays depuis plus de 50 ans. Même si quelques points restent à régler avant un accord de paix définitif, la fin des hostilités représente un pas majeur. Pourquoi les FARC se battent-elles avec le gouvernement colombien? Et quels sont les moments marquants de ce conflit?

Un texte de Ximena Sampson

1964, CRÉATION DES FARC

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) visent à renverser le gouvernement pour prendre le pouvoir au nom de la classe ouvrière. Les FARC comptent alors environ 350 membres. Leur chef est Manuel Marulanda Vélez, alias « Tirofijo ».

ANNÉES 70, L'EXPANSION

Les FARC s'étendent dans plusieurs régions du pays et recrutent activement, passant à environ un millier de combattants. Elles commencent la pratique des enlèvements contre rançon et exigent un paiement aux cultivateurs de marijuana.

1984, PREMIÈRES NÉGOCIATIONS

Les FARC, qui comptent alors environ 3000 hommes, signent un accord de cessez-le-feu avec le gouvernement de Belisario Betancur. Elles forment un mouvement politique, l'Union patriotique (UP), qui remporte un certain succès électoral, mais dont les sympathisants sont rapidement assassinés par des groupes paramilitaires. Les guérilleros retournent dans le maquis.

1998, ZONE DÉMILITARISÉE

Faisant face à une multiplication des attaques contre les forces armées, des enlèvements de civils et de militaires, ainsi que de l'extorsion, le gouvernement d'Andrés Pastrana entame des négociations de paix. Le gouvernement crée une zone démilitarisée de 40 000 kilomètres carrés dans le sud du pays.

20 FÉVRIER 2002, RUPTURE DU DIALOGUE

Les autorités accusent la guérilla d'avoir profité de la zone démilitarisée pour se renforcer et lancer des attaques sur les municipalités voisines, en plus d'augmenter la production et le trafic de cocaïne. Les FARC comptent alors quelque 15 000 hommes et sont présentes dans environ le tiers du pays.

23 FÉVRIER 2002, ENLÈVEMENT D'INGRID BETANCOURT

La sénatrice franco-colombienne et candidate aux élections présidentielles est kidnappée avec son assistante, Clara Rojas, lorsqu'elle se rend à San Vicente del Caguan, dans la zone démilitarisée, après la rupture du dialogue. En avril, 12 élus locaux sont eux aussi kidnappés. Onze d'entre eux seront tués en 2007. Ingrid Betancourt sera libérée après six ans de captivité, avec 15 autres otages, dans une opération de l'armée, en 2008.

26 MAI 2002, ÉLECTION D'ALVARO URIBE

L'ancien gouverneur d'Antioquia a fait campagne en promettant de combattre les FARC, devenues, selon certains, une narcoguérilla. Le président Uribe, soupçonné de liens avec les paramilitaires, soutient que la Colombie ne fait pas face à un conflit interne, mais plutôt à une menace terroriste. Grâce à l'aide des États-Unis, déjà présents dans le pays avec le Plan Colombie, et à un renforcement substantiel du budget de l'armée, il réussit à affaiblir la guérilla, qui subit plusieurs revers militaires et passe de 20 000 combattants en 2002 à 9000 en 2010, au terme du deuxième mandat de M. Uribe.

1ER MARS 2008, MORT DE RAUL REYES

Un des chefs historiques des FARC, Raul Reyes, meurt dans le bombardement de son campement, situé à la frontière de l'Équateur. Cet événement suscite une crise diplomatique entre la Colombie, l'Équateur et le Venezuela. Deux autres commandants, Ivan Rios et Manuel Marulanda, fondateur des FARC, meurent en mars. Alfonso Cano, qui devient le chef, sera tué en 2011. Affaiblies, les FARC ne comptent plus que 8000 combattants.

NOVEMBRE 2012, DÉBUT DES NÉGOCIATIONS DE PAIX

Des représentants du gouvernement colombien entament des négociations de paix avec la délégation des FARC à La Havane, à Cuba. Six points sont au programme : la réforme agraire, la participation politique, le désarmement des rebelles, le narcotrafic, les victimes et la mise en place de l'accord de paix.

23 JUIN 2016, LA FIN DE LA GUERRE

Le président colombien, Juan Manuel Santos, et le chef des FARC, Rodrigo Londono, alias « Timochenko », signent un accord de cessez-le-feu et des hostilités bilatéral et définitif. Quelques points restent toutefois à régler avant un accord de paix prévu pour le 20 juillet, dont les détails du désarmement.

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