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L'Hôpital général juif demande l'aide d'une firme privée

L'Hôpital général juif, qui doit procéder à de nouvelles coupes budgétaires, appelle en renfort une firme externe privée. Le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal, responsable de l'établissement, vient de lancer un appel d'offres pour recruter des consultants spécialisés en optimisation des coûts.

Un texte de Marie-Eve Cousineau

La firme sélectionnée aura pour mission de proposer des stratégies visant à améliorer la performance de divers secteurs de l'hôpital, dont les salles d'opération, les soins ambulatoires et l'urgence.

« Aucune mesure d'optimisation ne peut avoir pour effet de réduire la qualité des soins et services offerts à la population », est-il écrit dans l'appel d'offre publié le 29 février.

Selon le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal, ces nouveaux efforts demandés pour l'exercice financier de 2016-2017 représentent un « défi énorme ».

« Dans un paragraphe, la direction dit à toutes fins pratiques : "On a tout essayé. On a absorbé des compressions majeures et on n'a aucune idée comment on va pouvoir faire face à la ronde de compressions qui s'en vient" », ajoute le professeur Damien Contandriopoulos.

Dans son appel d'offres, le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal souligne que « les économies réalisées à date sont attribuables à la créativité et aux efforts consentis par l'ensemble du personnel ».

Une mauvaise idée, selon les syndicats

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) jugent que recourir ainsi au privé est un non-sens.

Les firmes externes peuvent être utiles lors de projets spéciaux, comme l'organisation d'une nouvelle aile dans un hôpital, selon Damien Contandriopoulos. Il ne croit toutefois pas dans le recours au privé en ce qui concerne le fonctionnement normal de l'établissement.

« Si on veut qu'un établissement diminue ses dépenses sur le long terme, ce qu'il faut travailler, c'est sur le clinique. Il faut impliquer les médecins, les autres professionnels. Il faut que tous ces gens-là soient à la table, avec la direction, pour dire qu'est-ce qu'on peut faire de mieux. »

L'attachée de presse du ministre de la Santé, Julie White, rappelle pour sa part que l'Hôpital général juif a connu des problèmes de gestion dans le passé. À un point tel que Québec a dû lui désigner en juin 2014 un accompagnateur. Le déficit de l'établissement s'élevait alors à environ 15 millions de dollars.

En avril 2014, l'émission Enquête a révélé que l'Unité permanente anticorruption (UPAC) enquêtait à l'Hopital général juif. Deux cadres de l'Hôpital, Kotiel Berdugo et Philippe Castiel, avaient démissionné dans la controverse.

Depuis, l'UPAC a arrêté un entrepreneur pour fraude fiscale à l'endroit de l'Hôpital général juif.

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