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L'horreur fait place à l'incompréhension à Las Vegas

La police cherche toujours des indices pour tenter de comprendre ce qui a poussé un retraité de 64 ans avec un penchant pour le jeu, mais sans antécédents judiciaires, à ériger un nid de tireur d'élite dans les hauteurs d'un hôtel de Las Vegas avant d'ouvrir le feu sur une foule réunie pour assister à un concert et de tuer des dizaines de personnes, avant de finalement s'enlever la vie.

La tuerie de dimanche soir est survenue devant l’hôtel Mandalay Bay, situé sur le Las Vegas Boulevard (The Strip), pendant le festival de musique country 91 Harvest. La tuerie est la plus meurtrière de l’ère moderne américaine.

Au moins quatre Canadiens ont perdu la vie et six autres ont été blessés. Les parents de Jordan Mclldoon, un jeune homme de 23 ans originaire de la Colombie-Britannique, ont indiqué que leur fils unique avait été tué au festival de musique country.

Jessica Klymchuk, de Valleyview en Alberta, a également été tuée en assistant au festival. Mère de quatre enfants d’âge scolaire, Mme Klymchuk travaillait à l’école primaire de la petite municipalité albertaine.

Une femme dans la vingtaine, originaire de Jasper en Alberta, a également péri dans la tuerie. Des proches de la jeune femme ont confirmé sa mort.

Le réseau CBC a enfin confirmé la mort d'un quatrième Canadien lors de la tuerie de Las Vegas. Il s'agit de Tara Roe Smith, une femme de 34 ans originaire de Okotoks en Alberta.

Un profil de psychopathe?

Le suspect Stephen Paddock n’aurait pas servi dans les forces armées et ne possédait aucun historique de maladie mentale. Il ne montrait aucun signe de problèmes sociaux, n'avait pas de grief politique ni de visées radicales sur les médias sociaux.

Les autorités américaines ont également écarté les prétentions du groupe armé État islamique (EI) qui a affirmé que le tireur de Las Vegas avait agi en son nom. « Nous n’avons découvert aucun lien avec un groupe terroriste international », a déclaré l’agent spécial Aaron Rouse, responsable du bureau de la police fédérale américaine (FBI) de Las Vegas.

La police soutient que Paddock a agi seul, mais elle n’arrive pas à expliquer ce qui a pu déclencher ses pulsions meurtrières.

« Nous n’avons aucune idée du schéma de pensées que présentait le suspect », a poursuivi le shérif du comté de Clark, Joseph Lombardo. « Je ne peux me mettre dans la tête d’un psychopathe », a-t-il ajouté.

Bien que la police affirme n’avoir aucun autre suspect, M. Lombardo a indiqué que les enquêteurs voulaient parler à la conjointe de M. Paddock, Marilou Danley, qui était en déplacement à l’étranger, possiblement à Tokyo, au moment du drame.

Le shérif Lombardo a indiqué que les enquêteurs connaissaient l’identité des personnes qui ont vendu des armes à Paddock. Le tireur les a acquises légalement en satisfaisant toutes les exigences et les procédures administratives pour l’achat d’armes. La boutique où l’homme a acheté ses armes collabore avec les enquêteurs.

La pire entorse à la loi que le suspect ait commise auparavant est une contravention pour une infraction au code de la sécurité routière, ont déclaré les autorités américaines.

Stephen Paddock vivait une existence de nomade à travers l’ouest et le sud-est américain. Il a occupé des postes de gérant d’immeubles à logement et de travailleur de l’industrie aérospatiale. Le suspect semblait toutefois s’être établi dans une petite communauté de retraités au Nevada, où il avait acheté une maison il y a quelques années. Il se trouvait ainsi à environ une heure de route de Las Vegas et des casinos qu’il appréciait.

Son frère, Eric Paddock, a décrit Stephen Paddock comme un homme à l’aise financièrement qui aimait les appareils de vidéo poker et les croisières.

« Nous sommes horrifiés, a déclaré le frère du tireur. Nous sommes déconcertés et nous présentons nos condoléances aux familles des victimes », a-t-il poursuivi depuis sa résidence d’Orlando, en Floride. « Nous n’avons aucune idée » de ce qui a bien pu le pousser à perpétrer un tel geste.

Aucune note n'a encore été retrouvée pour expliquer le geste de Stephen Paddock.

Trump et le contrôle des armes à feu

Le président américain, Donald Trump s’est brièvement adressé aux journalistes mardi matin avant de prendre la direction de Porto Rico, où il doit aller constater les dommages occasionnés par l’ouragan Maria.

M. Trump, qui a de nouveau fait l’éloge de la loi et l’ordre pour contrer les tueries de masse, a déclaré : « Nous parlerons de lois sur les armes à feu lorsque le temps sera venu ».

Lorsqu’interrogé à savoir si la tuerie du Mandalay Bay constituait un acte de terrorisme intérieur, M. Trump a simplement déclaré : « Le suspect était un homme malade, un dément avec de nombreux problèmes, je présume ».

« Nous scrutons sa vie très, très sérieusement, a-t-il poursuivi. Mais, nous avons affaire à un individu très, très malade. »

Le bilan de la tuerie, qui pourrait encore s’aggraver au cours des prochains jours, a dépassé celui de l’attaque d’une boîte de nuit d’Orlando, en Floride, l’an dernier.

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