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L'incendie de Fort McMurray lui a permis de changer sa vie en mieux

Kevin Lemire a tout perdu dans l'incendie qui a ravagé Fort McMurray en mai dernier. Et pourtant, il est plus heureux maintenant. La « bête » lui a permis d'améliorer son sort. Un phénomène qui n'est pas isolé.

Comme bien d’autres résidents de Fort McMurray, Kevin Lemire a déménagé dans la ville pétrolière pour faire de l’argent.

« La façon dont j’en avais entendu parler, explique-t-il, tu marchais dans la rue et tu trouvais quasiment des billets de 20 $ par terre. »

Après son arrivée, en 2012, Kevin Lemire, 28 ans, se fait vite engager comme livreur d’eau pour des compagnies pétrolières. La motivation, par contre, n’y est pas.

J’étais content aux deux semaines. J’étais content quand le chèque rentrait.

Kevin Lemire

Et puis, en mai dernier, la « bête » fait rage, emporte des milliers de résidences sur son passage, dont celle de Kevin et de sa famille.

Quand les équipes de nettoyage sont allées fouiller dans les décombres de son appartement, elles ont trouvé deux fourchettes, une cuillère et une bouteille de shampoing.

« Rendu là, il vaut presque mieux en rire », dit-il.

Kevin Lemire déménage temporairement avec sa famille à Edmonton. Les mois qui suivent sont très difficiles. Il faut absorber le choc, tout racheter, s’habituer à une nouvelle ville. Kevin choisit par la suite de ne pas retourner à Fort McMurray.

Il décide alors, sur un coup de tête, de s’inscrire à une formation en design de mode, un domaine qui l’avait toujours passionné.

L’incendie, c’était peut-être juste le coup de pied au derrière que je n’étais pas capable de me donner. C’est plate, mais le feu me l’a donné.

Kevin Lemire

Aujourd’hui, il passe ses journées à apprendre à dessiner, tailler et coudre des vêtements. Et il adore ça.

Des expériences similaires après Katrina

Cette idée qu’on puisse « améliorer son sort » après un événement tragique et traumatisant, comme l’incendie de Fort McMurray, a fait l’objet de plusieurs études aux États-Unis.

La professeure de sociologie Corina Graif, de l’Université d'État de Pennsylvanie, a retrouvé la trace de centaines de femmes qui avaient perdu leur maison après le passage de l’ouragan Katrina.

Dans la très grande majorité des cas, elle a constaté qu’elles avaient amélioré leurs conditions de vie parce qu’elles avaient été forcées de quitter La Nouvelle-Orléans.

Tout à coup, de nouvelles possibilités s'offraient à elles. Elles étaient dans des quartiers plus diversifiés, où il y avait plus d’emplois.

Corina Graif, professeure de sociologie à l'Université d'État de Pennsylvanie

Les centaines d'évacuées qu'elle a interrogées n'auraient probablement jamais osé faire ces changements sans Katrina, croit la chercheuse.

Kevin Lemire est du même avis, même s'il ne souhaite à personne de vivre un événement aussi dramatique. Il croit que sans l’incendie, il serait encore malheureux à Fort McMurray.

« Le beau temps vient de recommencer. Le soleil vient de ressortir. » Il est convaincu que l’incendie de Fort McMurray lui a permis de changer sa vie en mieux.

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