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L'incident irano-américain dénoué en un tour de main

Les 10 marins américains arrêtés mardi dans les eaux territoriales iraniennes ont été libérés mercredi, après avoir été détenus pendant moins de 24 heures. Ce dénouement rapide met un terme à un incident qui avait le potentiel de faire capoter l'accord sur le nucléaire iranien conclu l'été dernier, et qui doit notamment se traduire par la levée imminente des sanctions économiques imposées à la République islamique.

Les 10 militaires ont quitté l'île Farsi, dans le golfe Persique, à bord des deux bateaux de patrouille arraisonnés mardi. Ils ont rapidement été remplacés par d'autres marins, puis évacués par des avions de la Marine.

« Notre enquête technique montre que les deux navires de la Marine américaine sont entrés dans les eaux territoriales iraniennes par inadvertance », ont fait savoir les Gardiens de la révolution, à l'origine de l'arraisonnement des deux navires militaires, dans une déclaration lue à la télévision d'État iranienne. « Ils ont été libérés dans les eaux internationales après avoir présenté des excuses. »

« Il n'y a pas d'indications selon lesquelles il leur aurait été fait du mal durant leur brève détention », a pour sa part fait savoir le Pentagone, en précisant que la Marine américaine va « enquêter sur les circonstances qui ont mené à la présence des marins en Iran ». Le secrétaire à la Défense, Ashton Carter dit apprécier que cette affaire a été résolue « de manière opportune ».

Le secrétaire d'État américain John Kerry a aussi exprimé sa « gratitude aux autorités iraniennes » après la libération « rapide » des marins.

Une simple panne du système de navigation

Les deux navires de patrouille de la Marine américaine, qui transportaient neuf hommes et une femme, se trouvaient en déplacement entre le Koweït et Bahreïn lorsque les États-Unis en ont perdu la trace.

Les bateaux appartiennent à l'escadron Riverine, basé à San Diego, mais déployé auprès de la Ve flotte de la Marine américaine, à Bahreïn. Des navires et des avions attachés au porte-avions USS Harry S. Truman se sont mis immédiatement mis à leur recherche.

Il s'est finalement avéré qu'ils avaient été arrêtés, puis détenus sur l'île Farsi, dans le golfe Persique, utilisée comme base par les Gardiens de la révolution, une force militaire différente de l'armée régulière iranienne, qui relève directement du Guide suprême de la révolution iranienne, l'ayatollah Khamenei.

De premières informations en provenance de l'Iran ont avancé qu'ils avaient été arrêtés parce qu'ils se livraient à de « l'espionnage ». Un amiral iranien, Ali Fadavi, a toutefois rapidement indiqué à la télévision d'État qu'ils étaient entrés dans les eaux iraniennes à cause d'une panne de leur système de navigation. Les marins américains n'avaient pas d'intentions hostiles et ne voulaient pas se livrer à de l'espionnage, a-t-il ajouté.

John Kerry et son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, ont eu un échange téléphonique pour discuter du sort des équipages, a fait savoir un diplomate américain s'exprimant sous couvert de l'anonymat en entrevue à l'AFP. Selon une des sources de l'agence, M. Zarif avait alors assuré que les marins pourraient reprendre leur route « rapidement ».

Bien que leurs pays n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 35 ans, MM. Kerry et Zarif se connaissent bien puisqu'ils ont été les deux principaux négociateurs de l'accord sur le nucléaire iranien, conclu l'an dernier.

L'entrée en vigueur de cet accord devrait d'ailleurs intervenir « samedi ou dimanche », selon l'un des principaux négociateurs iraniens, cité mercredi par l'agence officielle Irna et le site de la télévision d'État.

« L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) doit rendre son rapport vendredi » pour confirmer que l'Iran a tenu ses engagements, a déclaré Abbas Araghchi. « Samedi ou dimanche [...] nous annoncerons l'entrée en application de l'accord sur le nucléaire. »

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