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L'inconduite sexuelle doit s'arrêter « maintenant », dit le général Vance à ses troupes

Tout juste arrivé en poste, le nouveau chef d'état-major de la Défense, Jonathan Vance, lance l'opération Honneur pour mettre un terme au harcèlement et aux agressions sexuelles dans l'armée.

Dans sa toute première note de service envoyée aux membres des Forces armées canadiennes (FAC), le général Vance s'engage à mettre en œuvre « le plus rapidement » toutes les recommandations du rapport accablant de la juge à la retraite Marie Deschamps.

Publié en avril dernier, le rapport dénonçait au sein des FAC une culture « hostile aux femmes » et « propice » au harcèlement sexuel ainsi qu'aux agressions sexuelles.

S'il refuse de commenter « le degré ou la gravité de l'inconduite sexuelle dans les FAC », le plus haut gradé militaire qualifie néanmoins cet enjeu de « sérieux ».

Tolérance zéro

« Que vous soyez un chef, un subalterne ou un collègue, tout comportement sexuel dommageable mine notre identité fondamentale et menace le moral et la disponibilité opérationnelle des FAC et l'institution qu'elles constituent. Ce comportement doit prendre fin maintenant », avertit-il. 

« Voyez là le premier ordre que je donne à tous les membres des FAC », ajoute le grand patron des Forces armées canadiennes, qui a été assermenté vendredi. Dans son discours, il avait d'ailleurs averti que l'inconduite sexuelle ne serait pas tolérée sous sa gouvernance.

Dans sa note, il indique avoir convoqué les officiers généraux, les commandants et leurs adjudants-chefs à un colloque d'un jour sur cette question, qui aura lieu le mois prochain.

Il invite en outre « toute personne qui s'estime harcelée, ou qui est victime d'un comportement sexuel inconvenant, à s'adresser à ses supérieurs ou à la police militaire des forces canadiennes » et précise que des ressources médicales, psychologiques ou spirituelles sont disponibles au besoin.

Son prédécesseur, Tom Lawson, avait déclaré le mois dernier, au cours d'une entrevue accordée à CBC, que l'inconduite sexuelle des soldats masculins pouvait résulter d'une « programmation biologique ». Dans certaines notes de service, il avait même laissé entendre que les recommandations du rapport Deschamps resteraient lettre morte.

En mai, une haute gradée militaire, la majore-générale Christine Whitecross, a affirmé devant un comité parlementaire que l'armée peinait à reconnaître la gravité du problème.

« Difficile » de recruter des femmes

En entrevue avec le réseau CBC, la lieutenante-générale Christine Whitecross a reconnu qu'il serait plus difficile de recruter des femmes dans la foulée des nombreux scandales de nature sexuelle qui ont éclaté dans les derniers mois.

L'armée voudrait actuellement que 25 % de ses membres soient des femmes, une cible bien ambitieuse, selon Mme Whitecross. « Un sur quatre, c'est un grand nombre. Il n'y a aucun pays au monde qui réussit cela. La moyenne de l'OTAN actuellement se situe à 10 %. Nous sommes en haut de 10 %. Est-ce que c'est assez bon? Non », a-t-elle admis.

Mme Whitecross n'a pas voulu s'engager à abaisser cet objectif, mais elle a indiqué qu'elle « examinerait la situation de très près ».

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