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L’indépendance des consultants embauchés par Husky remise en question

Des militants autochtones et sociaux remettent en question l'indépendance des consultants embauchés pour évaluer l'impact environnemental du déversement de pétrole de Husky Energy dans la rivière Saskatchewan Nord.

L'entreprise enquête sur elle-même, fait valoir l'un des militants, Don Kossick.

Il conteste aussi le travail d'évaluation du pipeline qui a été fait par le gouvernement avant le déversement. Don Kossick remet en question la capacité du gouvernement à analyser les impacts de ce déversement.

Le groupe de militants a fait appel à l'organisation sans but lucratif E-Tech International, qui évoque de potentiels conflits d'intérêts entre les consultants et l'industrie pétrolière.

Selon l'hydrogéologue d'E-Tech responsable de l'évaluation sur le terrain, Ricardo Segovia, beaucoup de consultants embauchés par les gouvernements travaillent directement pour les pétrolières. « Ils s'assurent de satisfaire les besoins de leurs clients. C'est là qu'il y'a conflit d'intérêts », explique-t-il.

Une liste évasive

Husky Energy, le ministère de l'Environnement ainsi que le gouvernement fédéral n'ont pas fourni les noms des experts déployés au sein du groupe technique qui mène les analyses sur la qualité de l'eau et l'impact du déversement sur l'environnement aquatique. Ils ont cependant indiqué que ce groupe comprend notamment des ingénieurs, des spécialistes environnementaux, des toxicologues et des experts en santé publique.

Au moins deux firmes de consultants ont également été embauchées pour des tests de qualité de l'eau et d'évaluation des risques, soit le Center for Toxicology and Environmental Health (CTEH) et Matrix Solutions Inc.

« [Le CTEH est] l'un des experts les plus en vue en termes de toxicologie, d'évaluation des risques et de santé environnementale », souligne un porte-parole de Husky Energy, Mel Duvall.

Ce dernier a indiqué par courriel que d'autres consultants étaient impliqués dans la collecte des échantillons et que le groupe avait fait appel à différents laboratoires pour les tests, mais il n'a pas précisé lesquels.

Un travail différent nécessaire, selon la firme embauchée par les militants

M. Segovia explique que son équipe entend se concentrer sur l'analyse des sédiments plutôt que l'eau à la surface. « Une bonne partie des échantillonnages misent sur l'eau et nous croyons que c'est une erreur. Le pétrole se déplace rapidement et peut être difficile à détecter dans l'eau après un certain temps », dit-il. Or, selon lui, la majorité du pétrole et des produits chimiques ne restent pas à la surface, elle se mêle aux sédiments au fond de la rivière.

Jusqu'ici, son équipe a recueilli 10 échantillons à des endroits stratégiques, grâce aux fonds recueillis par une campagne de financement participatif. 

De leur côté, les rapports préliminaires du groupe technique formé d'experts de la province, de Husky Energy, et de consultants indépendants révèlent peu d'excédents de produits chimiques par rapport aux normes canadiennes d'eau potable et aux normes provinciales sur la qualité de l'environnement et la vie aquatique.

L'Agence de sécurité de l'eau de la Saskatchewan mène également ses propres analyses sur le terrain. Les derniers résultats font état de traces d'hydrocarbures à cinq emplacements analysés dans la rivière Saskatchewan Nord.

L'Agence précise également avoir collecté une vingtaine d'échantillons de sédiments, parmi lesquels six dépassent les normes canadiennes d'hydrocarbures près de l'endroit de la fuite et à la hauteur de l'autoroute 21.

Avec les informations d'Anouk Lebel

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