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L'industrie de la bière artisanale est en plein essor en Russie

En Russie, on assiste à une petite révolution dans le domaine des bières artisanales. Il y a maintenant plus de 1000 microbrasseries dans ce pays, et les bars qui servent leurs bières poussent comme des champignons.

Un texte de Raymond Saint-Pierre

Dans la zone industrielle d’Ivantievka, une douzaine d’artisans se livrent à d’étranges activités. L'odeur qui flotte dans l’air permet de deviner qu’il s’agit là de quelques microbrasseries parmi les centaines qui ont vu le jour en Russie depuis deux ans.

Celle que nous avons visitée s’appelle Victory Art Brew. Il n’y a pas si longtemps, ces artisans produisaient leur bière dans la cuisine d’un appartement.

Denis Kovalev était un spécialiste en informatique, mais la vague de popularité pour les bières artisanales l’a amené à changer de vocation.

Faire de la bière, c’est bien plus payant pour lui, et il sent qu’il aide à changer les mentalités dans ce pays, où l’abus d’alcool est un problème national. L’espérance de vie des hommes n’est que de 65 ans là-bas, alors qu’au Canada, c’est plus de 81 ans. L'alcoolisme est en grande partie responsable de cet écart.

La culture change et on fait des efforts pour changer les habitudes. On boit maintenant pour déguster les bières, pas pour se saouler. On change complètement l’attitude des gens.

Denis Kovalev

À elle seule, la microbrasserie Victory Art Brew produit une quarantaine de bières différentes. L'une d’elles s’appelle la Red Machine, le surnom de l’équipe de hockey soviétique que le Canada a battue dans la série historique de 1972. C’est peut-être pour ça qu’elle a un arrière-goût très amer et un peu sur.

Moscou, Mecque de la bière

Dans la capitale russe, les bars à bière se multiplient. Il y en a des centaines, et il s’en crée toutes les semaines, entre autres parce que la bière n’est pas considérée comme un alcool et qu’il n’est donc pas nécessaire d’avoir un permis pour en vendre.

D’ailleurs, l’industrie en général n’est pas du tout réglementée pour le moment. Les producteurs de bière craignent cependant que le gouvernement finisse par décider d’encadrer leurs activités et de les taxer, ce qui pourrait menacer leur survie.

Toutefois, selon le patron du bar Pilgrim, Youri Tchernichev, ce phénomène de création de bières artisanales et de bars à bière est là pour rester.

« Ça augmente de jour en jour, dit-il, ce n’est pas temporaire. C’est en plein développement. Ça ne disparaîtra que si on retourne à l’ère communiste. »

La ruée vers la bière semble avoir un effet mesurable en Russie, où on peut observer que la population boude de plus en plus les alcools forts. En 2014, le Russe moyen consommait 13,5 litres d’alcool par an. En 2015, cette consommation était tombée à 11,5 litres.

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