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L'industrie de la course à pied en transformation

La course à pied a immensément gagné en popularité au cours des dernières années. À un point tel que l'industrie s'est grandement transformée. Les coureurs réussissent-ils à pratiquer ce sport, réputé pour être le plus abordable, sans tomber dans la consommation excessive? Notre journaliste Kim Roy-Grenier a pris le pouls de coureurs de Montréal.

Pour tirer profit d'un plus grand bassin de coureurs, les entreprises ont diversifié leur offre de produits. Les vendeurs n'hésitent pas à dire qu'il existe un soulier pour chaque pied et c'est sans compter les accessoires qui se multiplient, comme les vestes d'hydratation ou les montres.

Chaque mercredi soir au parc Pélican, situé dans l'arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie à Montréal, des dizaines de coureurs s'entraînent. Les débutants côtoient les plus expérimentés.

« J'ai investi dans des chaussures, c'est la priorité. Le reste, c'est à la bonne franquette », dit Nathalie.

« Souliers, chaussure, bons bas. Un coup tu es équipé, c'est simple! » ajoute Sylvie.

Leur entraîneur, Éric Noël, préfère lui aussi courir dans la simplicité, mais cela n'a pas toujours été le cas.

« Je pouvais courir avec une casquette, support à téléphone, des bouteilles d'eau, bas de compression. À un moment donné, j'ai atteint un seuil. Là, je reviens plus à la simplicité. Maintenant, c'est short, soulier de course, camisole, montre chrono. Courir, c'est ça à la base. Les Kenyans, les meilleurs au monde, ont juste une montre chrono et des souliers. Ils courent sur une piste en terre battue. »

Des accessoires pour tous les goûts et toutes les bourses

Frédérick Viens est copropriétaire de la Maison de la course, à Montréal. « Une chaussure va varier de 130 $ à 220 $, à prix régulier. Le prix moyen étant autour de 150-160$. Pour les chaussettes, un bon bas de sports, on parle de 12 à 25 $. »

Et la facture peut grimper rapidement. « Dans les dernières années, il y a eu une explosion de la veste d'hydratation. (...) Si on recherche une énorme capacité, ça peut monter à 220, 250 $. »

C'est loin d'être le seul accessoire à avoir gagné en popularité.

« Dans les deux ou trois dernières années, les fonctions des montres GPS ont explosé. Maintenant, il y a une précision très grande sur le dénivelé parcouru, la fréquence cardiaque au poignet. Les prix vont varier. Une montre peut aller de 200 $ jusqu'à 680 $. C'est une montre de sports, mais aussi un bijou. De plus en plus les coureurs le voient de cette façon. »

À la boutique de course Endurance, on s'est adapté aux demandes des clients.

« Faudrait passer des heures pour faire tout le magasin », explique Alexandre Diekmann, un des vendeurs de la boutique.

« Des courses courte distance, longue distance, chaque type de course a un accessoire adapté. Par exemple, la course en sentier a explosé depuis cinq à dix ans. Ça reste de la course à pied, mais on s'habille différemment. En hiver, les coureurs qui courent vont devoir s'équiper. On est dans un pays où on n'a pas le choix pour courir confortablement », explique le vendeur qui décrit la marchandise en fonction des besoins des coureurs.

« Y'a beaucoup de direction. Pour les chaussures, en termes de semelle, on va de minimaliste avec très peu de coussinage à coussinage démesuré. Y'a une multitude de choix. Pareil pour les vêtements, avec la protection UV, des vêtements faits pour les températures extrêmes. »

Alexandre remarque aussi une autre tendance qui est loin d'être unique à ce marché.

« Les ventes en ligne, c'est un marché en croissance. Les gens connaissent ce qu'ils recherchent. Ils vont chercher et comparer en ligne. »

Courses et budget

De retour au parc Pélican, Sylvie souligne que l'équipement n'est pas la seule dépense prévue dans son budget. « J'ai une blessure qui s'est développée au printemps. J'ai consulté quatre fois un ostéopathe, puis un acupuncteur. C'est énormément d'investissements. Ça peut aller jusqu'à 800 $ facilement. »

Elle note également que la participation aux courses coûte de plus en plus cher.

« Il n'y a plus grand-chose en bas de 50 $. D'année en année, 50, 60, 70, 100 $. Tu te promènes d'une ville à l'autre, l'hôtel, etc. »

Au Marathon de Montréal, l'organisation reconnaît que le coût des inscriptions a augmenté. Les coûts augmentent parce qu'ils suivent la croissance des dépenses, explique le directeur général, Louis Malafarina. Il souligne notamment l'accroissement des dépenses relatives à la sécurité. « Ça devient un défi pour la plupart des événements publics, surtout les événements d'envergure. »

L'entraîneur du Club les Pélicans, Éric Noël, admet qu'il y a tout un marketing qui s'est construit autour de la course : « T'inscrire à Boston, c'est dispendieux, quelques centaines de dollars américains. Puis la chambre d'hôtel, le souper, le voyage. C'est 1000 $ pour l'expérience Boston. Mais au final, ça reste un 42 kilomètres. Puis il y a New York, Berlin, Chicago. Les six marathons majeurs. Si tu fais les six en moins de deux ans, tu as un certificat spécial. »

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