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L'industrie du taxi gagnerait à compter plus de femmes, disent des conductrices

Si les femmes font de plus en plus leur place dans les milieux traditionnellement masculins, le monde du taxi reste encore largement dominé par les hommes. Sur les 10 353 chauffeurs de taxi que compte Montréal, seulement 125 sont des femmes. Alors que le milieu est sous les projecteurs et veut se réformer, des conductrices de taxis pensent que l'industrie gagnerait à avoir une plus grande présence féminine.

Un texte d'Anne-Marie Provost, de Grand Montréal

1,2 % : c'est le pourcentage de femmes qui conduisent un taxi à Montréal, un portrait qui n'est pas différent de ce que l'on constate dans les autres grandes villes du pays.

Radio-Canada a discuté avec des conductrices de taxi de Montréal et un constat ressort : une présence plus forte des femmes dans l'industrie l'aiderait à se moderniser et à améliorer son service à la clientèle.

Josée Loiselle, au service de la compagnie Taxi Diamond depuis sept ans, en est persuadée.

Même son de cloche du côté de Diane Morse, qui travaille avec l'entreprise de transport adapté Rosemont Plus depuis quelques années.

« Dans l'industrie, les femmes sont très appréciées par les clients. Le fait qu'il devrait y en avoir plus est le commentaire qu'on me fait le plus souvent », raconte-t-elle. Selon elle, les femmes ont spontanément un côté plus sensible et attentionné, ce que les utilisateurs apprécient.

Ces qualités lui semblent particulièrement importantes dans le transport pour personnes handicapées.

« Ce serait bien qu'il y ait plus de femmes dans le transport adapté. Nous sommes parfois plus axées sur des points que les hommes vont trouver plus banals. Par exemple, la sécurité, la courtoisie. Je connais des hommes très très courtois, mais il y en a qui font du transport adapté parce que l'industrie ne va pas bien. Il faut vraiment que tu l'aies en toi, faire ça », dit-elle.

Mais que faire pour susciter l'intérêt des femmes? Diane Morse pense que le Bureau du taxi de Montréal (BTM) gagnerait à organiser des journées « portes ouvertes » pour faire découvrir le métier aux femmes et faire de la sensibilisation.

Le BTM souligne qu'il est tout à fait ouvert à soutenir les femmes et à les encourager à prendre leur place et il invite celles qui ont des idées à le contacter.

La porte-parole du BTM, Marie-Hélène Giguère, ajoute que la directrice générale, Linda Marchand, a travaillé toute sa vie dans des milieux majoritairement masculins et qu'elle croit fermement que les femmes ont leur place dans tous les milieux.

Un milieu sexiste

Mais la présence de femmes n'est pas nécessairement bien vue par tous les chauffeurs de taxi. Josée Loiselle n'hésite pas à qualifier le milieu de sexiste.

Elle ajoute que ce genre de commentaires provient des chauffeurs et qu'elle ne sent jamais de sexisme de la part des clients. « Souvent, ils pensent que tu travailles avec ton mari. Je dois leur dire que non, je fais ça seule », dit-elle.

Mais Josée Loiselle ne croit que c'est avant tout l'attitude de certains chauffeurs qui est un frein pour les femmes qui voudraient conduire un taxi.

« Je pense que c'est plus que nous ne sommes pas habitués de voir une femme pratiquer ce métier. Et si j'avais eu de jeunes enfants, je ne pense pas que j'aurais fait ce travail », affirme-t-elle.

Car c'est un fait que le métier est exigeant : entre 12 et 14 heures de travail par jour, ce qui laisse peu de temps pour s'occuper d'un enfant en bas âge.

De son côté, Diane Morse a senti à ses débuts qu'elle était mise à l'écart lors des formations obligatoires qu'elle a suivies.

Elle mentionne que ses débuts ont été difficiles. Elle s'est depuis intégrée, grâce à ses connaissances et au fait que son conjoint, très impliqué, est connu dans le milieu, croit-elle.

Et du côté d'Uber?

Chez Uber, on souligne que 14 % des chauffeurs au Canada sont des femmes et l'entreprise veut compter 1 million de femmes dans ses rangs d'ici 2020 à travers le monde.

Concernant la métropole, on souligne que le nombre de femmes actives sur la plateforme a doublé au cours des deux derniers mois et que « des centaines de femmes conduisent sur Uber à Montréal chaque mois », sans toutefois donner de chiffre précis.

Une conductrice UberX, qui préfère rester anonyme par crainte de représailles, a expliqué que les femmes sont en minorité. Quand elle est allée s'inscrire à Uber en personne, elle était entourée d'hommes. Mais cela ne l'a pas intimidé et elle dit ne pas avoir vécu de sexisme.

Si elle travaille pour l'entreprise, dit-elle, c'est pour pouvoir profiter d'un moment d'évasion, étant donné qu'elle a un jeune enfant à la maison.

Tout comme les conductrices de taxi, elle constate que bien des clients sont plus rassurés quand une femme est au volant, et elle se sent elle-même en sécurité au volant, car les clients sont identifiés sur l'application.

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