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L'intégration des enfants réfugiés de Winnipeg grâce au soccer

Tandis que la Coupe du monde de soccer confirme, une fois de plus, la popularité de ce sport à l'échelle internationale, un programme à Winnipeg démontre à quel point ce sport est important pour les enfants réfugiés qui tentent de refaire leur vie au Canada, parfois malgré leur handicap.

« C’est tellement amusant et excitant », s’exclame Ahmed El Ahmar, âgé de 10 ans.

« Je suis bon au soccer et j'ai des amis là-bas », renchérit son frère aîné, Muhammed.

Les garçons, originaires d’Alep en Syrie, jouent au soccer depuis qu'ils peuvent marcher, mais pour Ahmed, le défi est grand.

Ahmed a perdu sa jambe gauche et c'est l'une des raisons pour lesquelles la famille a fui le pays.

En mai 2014, la famille s'est rendue dans un camp de réfugiés en Turquie. Ils sont arrivés au Canada dans le cadre de l'engagement du gouvernement fédéral à accueillir plus de 25 000 réfugiés syriens entre la fin de 2015 et le début de 2016.

Peu de temps après son arrivée à Winnipeg, Ahmed a reçu deux prothèses, une pour les activités quotidiennes et une pour le sport.

Quand soccer rime avec intégration

Maintenant, il joue au soccer chaque semaine à la Winnipeg Newcomer Sport Academy. Il s’agit d’un organisme gratuit dirigé par des bénévoles qui permet l’intégration des réfugiés par le sport, financé notamment par la Ville de Winnipeg, Sport Manitoba, l’Association de soccer du Manitoba et la Winnipeg Foundation.

L'un des entraîneurs, Andrew Kliment, explique que « même s'il a une prothèse sur la jambe, c’est l’un de ceux qui travaille le plus fort et il sourit toujours. »

« Lorsqu’ils quittent le terrain, nous espérons qu’ils deviennent de meilleurs athlètes et de meilleures personnes », affirme-t-il.

L'académie a débuté en 2016, en s'inspirant de ce que fait une équipe de soccer composée de nouveaux arrivants adultes.

L'organisatrice de l'académie, Carolyn Trono, affirme que l'objectif est de créer un sentiment d'appartenance et d'utiliser le sport pour aider les nouveaux arrivants à s'intégrer au Canada.

« Ils veulent se sentir les bienvenus. Ils veulent jouer avec les enfants canadiens à l'école, mais cela leur permet d’entrer en contact avec des gens de partout », ajoute la responsable qui souligne au passage que jusqu'à 50 enfants se présentent chaque séance d'entraînement.

« En tant qu'immigrant dans cette communauté, je comprends certaines des histoires et des défis », affirme Chino Argueta, directeur des services récréatifs de l'Université de Winnipeg qui fournit les surfaces de jeux du RecPlex gratuitement pour l’activité. « Nous voulons leur offrir un environnement où ils peuvent être ensemble, grandir ensemble et s'amuser. »

Avenir prometteur

Ahmed porte sa prothèse de sports lorsqu'il est gardien de but, et il utilise des béquilles pour jouer ailleurs sur le terrain.

« C'est difficile parce que les autres jouent mieux que moi, dit-il. Parfois, ils marquent des buts parce que certains d'entre eux tirent fort. »

Carolyn Trono croit qu'Ahmed pourrait faire sa place sur l'équipe paralympique canadienne s'il continue à jouer au soccer et au hockey sur luge.

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