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L'interdiction du burkini maintenue dans un village de Corse

Le port du burkini demeurera interdit dans un village de Haute-Corse, à la suite d'une décision rendue mardi par un tribunal administratif.

Le tribunal administratif de Bastia, en Corse, rejette ainsi la requête en référé de la Ligue des droits de l'homme, qui demandait la suspension de l'arrêté « anti-burkini », pris par la mairie de Sisco.

L'arrêté formulé dans le village de Sisco interdit « l'accès aux plages et la baignade à toute personne n'ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et de la laïcité ainsi que le port de vêtements pendant la baignade ayant une connotation contraire à ces principes ».

Pendant ce temps, ailleurs en France...

Cette décision du tribunal corse tranche d'autant plus que, dans le reste de la France, le Conseil d'État avait intimé à des mairies, telles que celles de Cannes et de Nice, de lever leur interdiction du burkini.

À la fin d'août, en effet, la plus haute juridiction administrative française avait estimé que ces tenues de bain intégrales ne pouvaient être bannies si elles n'entraînaient pas de troubles à l'ordre public.

La bataille qui a tout déclenché

Mais la situation dans l'île française de Corse diffère de ce qui s'est passé sur le littoral méditerranéen. C'est qu'une violente bataille sur une plage de Sisco, le 13 août, avait incité le maire de ce village à prendre un arrêté interdisant le burkini.

Il avait été dit au départ que la rixe avait été déclenchée par le fait qu'une musulmane portait le burkini sur cette plage. Mais l'enquête a démontré par la suite qu'il n'en était rien et les origines de la bagarre demeurent obscures.

Les violences du 13 août avaient opposé trois frères d'origine marocaine - et vivant en Corse - à des villageois de Sisco. Elles avaient fait des blessés et quantité de dommages matériels. Il avait fallu l'intervention d'une centaine de membres des forces de l'ordre pour ramener le calme.

À la lumière de ces événements, le maire de Sisco était intervenu. « Mon arrêté n'était pas de la prévention, s'est expliqué mardi Ange-Pierre Vivoni, mais pour la sécurité des biens et des personnes de la commune, je risquais d'avoir des morts ».

« L'émotion n'est pas retombée »

Le maire de Sisco s'est dit soulagé de voir que le tribunal maintenait en place son arrêté anti-burkini.

Le tribunal a affirmé que, compte tenu des événements, « de leur retentissement et du fait que l'émotion n'est pas retombée, la présence sur une plage de Sisco d'une femme portant un costume de bain de la nature de ceux visés » serait « de nature à générer des risques avérés d'atteinte à l'ordre public qu'il appartient au maire de prévenir ».

Au total, cinq personnes comparaîtront devant la justice, le 15 septembre prochain, relativement aux violences du 13 août dernier.

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