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L’intérêt pour l’auto électrique augmente avec le prix de l'essence, mais l'offre ne suit pas

Les concessionnaires automobiles le constatent : chaque fois que le prix de l'essence augmente, l'intérêt des consommateurs pour les voitures électriques augmente. Si l'actuelle hausse du prix à la pompe crée une fois de plus ce phénomène, force est de constater que l'acquisition d'une voiture électrique reste un défi pour certains.

Robert Champoux a fait l’essai du tout nouveau Outlander de Mitsubishi, un véhicule 4 roues motrices hybride. Il pense en faire l’acquisition, ou du moins le louer.

« J’ai un chalet qui est assez loin, à 200 km, alors j’attendais d’avoir un véhicule qui aurait un bon niveau d’autonomie pour m’y rendre, dit-il. La version hybride, c’est parfait pour moi, ça répond à mes besoins. »

M. Champoux est surtout chanceux. Il n’aura pas à attendre très longtemps s’il se décide à acheter le véhicule, car il est disponible. Selon Martin Archambault, porte-parole de l’Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ), la faible disponibilité de ce type de voiture est le principal frein à leur plus grande présence sur nos routes.

« Beaucoup de gens sont sur des listes d’attentes de quelques mois, jusqu’à sept ou huit mois d’attente, dit-il. Ça n’aide pas à maintenir et à augmenter la cadence des ventes. »

Moins de 1 % des véhicules en circulation

Au 31 mars, il y avait 24 422 véhicules électriques sur les routes du Québec. Même si cela ne représente que 0,5 % des voitures en circulation, c’est le double de l’année précédente.

« Le marché va bien, confirme Martin Archambault. La courbe demeure la même. Toutes les années, les ventes doublent. On peut donc s’attendre à ce que l’année prochaine, on sera à 50 000 voitures. »

L’AVEQ constate d'ailleurs une augmentation de la fréquentation de son site web et de sa page Facebook. Son secrétariat reçoit de nombreuses demandes d’informations.

Un goût prononcé pour les camions gourmands

Pour la première fois de l’histoire, l’an dernier, les Canadiens ont acheté deux camions pour chaque voiture vendue, même si ces véhicules consomment plus d’essence. En 1990, c’était exactement l’inverse.

Jusqu’à maintenant, il est vrai que les voitures électriques étaient surtout des modèles compacts ou sous-compacts, reconnaît Martin Archambault, mais des modèles plus volumineux, comme le Outlander, pourraient changer la donne.

« Mitsubishi, c’est un bon exemple, dit le porte-parole. C’est une voiture qui est plus grosse, on est dans une camionnette un peu plus familiale, il y a de l’espace pour les sports et les activités. Les VUS, ce sont des véhicules qui consomment beaucoup d’essence, alors le fait d’avoir une solution plus écoénergétique dans ce type de véhicule là, ça va créer beaucoup de demande. »

Encore faudra-t-il, renchérit M. Archambault, que l’offre suive la demande. Présent au Québec depuis trois mois seulement, le modèle Outlander hybride s'est déjà vendu 638 fois. Il représente même 38 % des ventes de Mitsubishi en avril dans la grande région de Montréal.

Il y a maintenant plusieurs modèles hybrides rechargeables qui sont plus volumineux. L'autonomie limitée de la batterie, qui était un frein pour bien des consommateurs, devient secondaire quand l'essence peut prendre la relève.

Des économies possibles

Il reste que, de manière générale, les véhicules électriques sont plus chers que les voitures à essence.

L'AVEQ a comparé l'achat d'une Honda Civic à essence avec celui d'une Nissan Leaf électrique. La Leaf est beaucoup plus chère : 7000 $ de plus, une fois déduite la subvention de Québec pour l'achat d'une voiture électrique.

Toutefois, dans cinq ans, avec un litre d'essence à 1,50 $ comme aujourd'hui, et en roulant 20 000 kilomètres par année, non seulement le propriétaire de la Leaf aura remboursé cette somme, mais il aura en plus économisé 3400 $ en essence, selon les calculs de l’AVEQ.

Québec s’est donné comme objectif de voir 100 000 véhicules électriques sur les routes en 2020. Depuis janvier 2018, la nouvelle norme « zéro émission » incite les manufacturiers automobiles à produire plus de véhicules électriques, par un système complexe de crédits liés à des objectifs de vente.

« Il va falloir que les effets de la loi zéro émission soient visibles rapidement, soutient Martin Archambault. Les gens veulent des véhicules électriques, mais il y en a qui se découragent et qui s’engagent dans un achat pour un véhicule à essence. Alors, on va les perdre pour un autre trois à cinq ans », conclut-il.

Avec des informations de Jean-Sébastien Cloutier

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