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L'Iran est « prêt à tous les scénarios » pour défendre l'accord sur le nucléaire

L'Iran promet d'agir de façon « déterminée » si le « voyou » américain décidait de dénoncer l'accord sur le nucléaire, a indiqué mercredi le président iranien Hassan Rohani en réponse à Donald Trump, qui accuse Téhéran d'avoir violé l'accord.

S'exprimant devant l'Assemblée générale des Nations unies, Hassan Rohani a promis que l'Iran ne serait pas le premier État à revenir sur les termes de l'accord signé en juillet 2015 et que le président américain menace de dénoncer.

« Je déclare devant vous que la République islamique d'Iran ne sera pas le premier pays à violer l'accord », a-t-il dit, assurant que Téhéran réagirait de façon « décisive et résolue » à toute violation du texte.

Tandis que Washington multiplie les signes indiquant une éventuelle annulation de l'accord, le chef d'État iranien a martelé son engagement à s'en tenir aux termes négociés sous l'administration de Barack Obama.

C'est cette épithète de voyou que s'échangent depuis 24 heures les deux présidents. Mardi, d'abord, Donald Trump avait parlé de l'Iran comme d'un « État voyou », et d'une « dictature corrompue » lors de son propre discours devant l'Assemblée générale des Nations unies.

S'exprimant ensuite devant la presse, Hassan Rohani a dit ne pas penser que les États-Unis puissent décider de se soustraire aux termes de l'accord, en dépit des accents belliqueux de Donald Trump. Selon le dirigeant iranien, l'État qui prendrait une telle décision s'isolerait et se couvrirait de honte.

Les propos tenus par le président américain à la tribune des Nations unies sont une violation de l'accord sur le programme nucléaire iranien et Donald Trump devrait s'excuser de les avoir tenus, a jugé Hassan Rohani.

Les États-Unis se trompent s'ils pensent que l'Iran pliera sous la pression de Washington dans le dossier du nucléaire, a-t-il poursuivi.

Trump est décidé

Donald Trump, qui conteste l'accord de longue date, a dit mercredi avoir pris sa décision sur l'avenir du compromis conclu en 2015 entre Téhéran et le groupe dit P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité – États-Unis, France, Royaume-Uni, Chine, Russie – et l'Allemagne) sur la question du programme nucléaire iranien.

« J'ai décidé », a déclaré le président américain, s'adressant à la presse à New York, au lendemain de son virulent discours.

Il a laissé entendre qu'il pourrait ne pas certifier à la mi-octobre que l'Iran respecte sa part de l'accord, ce qui lui permettrait de le déclarer caduc. Dans ce cas, le Congrès disposerait de 60 jours pour rétablir les sanctions qui ont été levées après son entrée en vigueur.

Selon l'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Nikki Haley, ces propos ne veulent pas forcément dire que les États-Unis vont se soustraire à l'accord.

« Cela ne signifie pas clairement qu'il a l'intention de se retirer. C'est le signe clair qu'il est mécontent de l'accord », a-t-elle dit sur l'antenne de CBS.

Le chef de la diplomatie russe a quant à lui jugé le discours de Donald Trump « extrêmement inquiétant ».

L'accord peut-il être sauvé?

Du côté des autres signataires de l'accord (France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne), on appelle à la prudence et on s'inquiète des conséquences d'une éventuelle reprise des activités d'enrichissement nucléaire par l'Iran.

Le président français, Emmanuel Macron, a pour sa part proposé de conserver le « bon accord » de 2015, mais d'y « ajouter deux ou trois autres piliers » qui porteraient sur le contrôle des missiles balistiques, ce qui se passera après 2025, ainsi que sur la situation actuelle dans la région.

Du côté de l'Arabie saoudite, dont les relations sont tendues avec l'Iran, le ministre des Affaires étrangères a affirmé que son gouvernement ne croyait pas que l'Iran respectait l'accord de 2015.

Selon un membre de la délégation iranienne aux Nations unies ayant requis l'anonymat, Téhéran pourrait relancer son programme si Donald Trump dénonce l'accord.

« L'Iran est prêt à tous les scénarios si Trump se retire de l'accord. Cela inclut la reprise immédiate des travaux nucléaires interrompus dans le cadre de l'accord », a-t-il dit.

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