Retour

L’Iran tend la main aux minières canadiennes

EXCLUSIF - Le directeur du puissant organisme d'État qui contrôle le secteur des mines et métaux en Iran invite les compagnies canadiennes à venir y faire des affaires. Mais ces entreprises sont pour l'instant très réticentes.

Un texte de Bahador Zabihiyan

Le sous-sol iranien est surtout connu pour ses hydrocarbures. Mais il est aussi très riche en minéraux, et IMIDRO, l'organisme d'État responsable du secteur minier et métallurgique iranien, souhaite que les compagnies canadiennes s'y intéressent davantage.

Le président d’IMIDRO, Mehdi Karbasian, invite donc les entreprises canadiennes à venir investir en Iran, maintenant qu’une bonne partie des sanctions internationales ont été levées à la suite de l’accord sur le nucléaire.

Je pense qu’il y a une opportunité pour les compagnies canadiennes et l’Iran de travailler ensemble, grâce à des investisseurs, des sous-traitants et des partenariats.

Mehdi Karbasian, ministre délégué chargé du secteur minier et métallurgique iranien

Il précise d’ailleurs qu’il a eu plusieurs rencontres informelles avec des responsables de la minière Rio Tinto et de la société de génie ontarienne Hatch.

On a rencontré Rio Tinto deux fois en Iran et Hatch deux fois.

Mehdi Karbasian, ministre délégué chargé du secteur minier et métallurgique iranien

Les rencontres avec le géant minier canadien et la société de génie civil ontarienne ont eu lieu entre 2015 et 2016.

L’Iran mise beaucoup sur son secteur minier, mais les années de sanctions ne lui ont pas permis de le développer à son plein potentiel.

Une entreprise du Saguenay s’est essayée en Iran

La compagnie saguenéenne STAS vend des équipements destinés aux alumineries. Pete Forakis, le directeur régional de STAS au Moyen-Orient, s’est rendu en Iran en 2016. « On voyait qu’il y avait un marché, qu’il y avait du potentiel, il y avait des joueurs qui voulaient construire », dit-il.

Mais après analyse, STAS a décidé de ne pas explorer davantage ce marché potentiel. Il est très difficile de faire transiter de l’argent entre l’Iran et le Canada. Exportation et développement Canada n’offre pas de financement à l’exportation vers ce pays. « Il y a le défi financier, la difficulté de faire sortir l’argent », note M. Forakis.

La présence chinoise n’a pas aidé non plus, constate-t-il.

Le but des Chinois, c’est de bâtir des usines au complet, alors leur intérêt [aux entreprises iraniennes] à payer un petit plus pour la qualité STAS ne tombe pas dans leur objectif.

Pete Forakis, STAS Moyen-Orient

Par ailleurs, si une bonne partie des sanctions internationales ont été levées, certaines restent en place. Des sociétés et des officiels iraniens demeurent sur une liste noire qui interdit aux entreprises canadiennes de faire affaire avec eux.

« Il y a certains clients qui sont encore sur la liste noire […] On a perdu un petit peu notre enthousiasme pour ce marché », affirme M. Forakis.

Des alumineries iraniennes ont besoin de technologie québécoise

Cependant, Amir Mirchi, président de la société de consultants Auryce, estime que les compagnies québécoises du secteur de l’aluminerie ont tout intérêt à s’intéresser au marché iranien. D'autant plus que les perspectives de croissance dans le secteur de l'aluminium sont limitées ailleurs dans le monde, selon lui.

On ne voit pas dans les prochains quatre ou cinq ans, en dehors de la Chine, de développement des alumineries. L’Iran me semble être l’un des rares endroits où il y a des projets d’alumineries.

Amir Mirchi, président de la société de consultants Auryce

« Il y a deux ou trois projets d’envergure dans le secteur de l’aluminium et nos équipementiers sont très bien positionnés pour vendre les équipements qui sont développés ici au Québec et au Canada », dit-il.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Un oisillon aide son frère à sortir de sa coquille





Rabais de la semaine