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L'Italie, coincée entre plaques et microplaques tectoniques

« Ce n'est pas une surprise. [L'Italie] est une zone très sismique », affirme le sismologue italien Massimiliano Stucchi pour expliquer le tremblement de terre meurtrier de magnitude 6,2 qui a secoué le pays mercredi.

Traversée par la chaîne de montagnes des Apennins, l'Italie est coincée entre les plaques tectoniques d'Eurasie et d'Afrique, qui convergent, en plus d'être recouvertes d'une kyrielle de microplaques qui frottent les unes contre les autres. Quand elles se cassent, cela produit du mouvement au-dessus.

Mais, cette fois-ci, selon les analystes, au lieu de voir une compression entre deux plaques, l'Italie a assisté au mouvement inverse. La plaque de l'Afrique s'est étendue vers le nord et a donc fait craquer le sol, a expliqué M. Stucchi en entrevue sur ICI RDI. La plaque bouge tellement qu'elle élève le niveau du pays d'environ un millimètre par an.

Les mêmes causes avaient été observées lors du séisme à L'Aquila, en 2009, de magnitude 6,3, qui avait tué 300 personnes.

M. Stucchi, qui s'est rendu mercredi dans la zone dévastée, s'est cependant dit surpris de constater que l'ampleur des dégâts n'était pas la même d'un endroit à l'autre. « Un petit village était rasé. [Son voisin] se tenait debout », a-t-il donné en exemple, sans être en mesure de fournir plus de détails.

Être prêt à tout moment

Si les chercheurs peuvent mesurer depuis quelques années la force d'un séisme, il demeure impossible de les prévoir. Les sismologues gardent tout de même à l'oeil les petites secousses et les phénomènes naturels inhabituels, puisqu'ils s'avèrent souvent des signes précurseurs d'une plus grande secousse.

« En principe, il faudrait s'attendre à un tremblement de terre d'un jour à l'autre. Les gens oublient. Ils ne font pas attention toutes les cinq minutes », affirme Massimiliano Stucchi.

Toutefois, ce n'est pas facile de se protéger quand la plupart des bâtiments en place sont tellement vieux qu'ils ne tolèrent aucune secousse. De plus, les nouvelles normes d'habitation et de sécurité ne s'appliquent qu'aux nouvelles constructions, affirme le sismologue de l'Institut national de géophysique et de volcanologie de Milan.

Le plus récent bilan du séisme de mercredi s'établit à quelque 247 morts et des centaines de blessés, sans compter de nombreux disparus, possiblement prisonniers des décombres.

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