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L'ombre de Trump plane sur la cérémonie des Oscars

Sans surprise, le climat politique et social actuel aux États-Unis ainsi que les décisions en matière de politique étrangère du président Donald Trump ont occupé une place importante lors de la 89e cérémonie des Oscars.

L'animateur Jimmy Kimmel a lancé le bal dans son monologue d'ouverture en déclarant que la cérémonie était regardée « dans plus de 225 pays qui maintenant nous détestent ».

Puis l'animateur en a rajouté : « Je veux vous remercier président Trump... Vous vous rappelez l'an passé lorsque les Oscars nous paraissaient racistes. »

Le message du cinéaste iranien Asghar Farhadi, qui brillait par son absence après avoir boycotté la cérémonie pour dénoncer le décret anti-immigration du président américain, a également résonné dans la salle du Dolby Theatre de Los Angeles.

Vainqueur dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère pour une deuxième fois, Farhadi a livré le message suivant, lu par l'ingénieure irano-américaine et première femme touriste de l'espace, Anousheh Ansari.

Mon absence est en respect pour mes concitoyens et ceux des six autres pays qui sont touchés par la mesure inhumaine qui empêche l'entrée d'immigrants aux États- Unis [...] Diviser le monde entre les États-Unis et ses ennemis crée de la peur. Une justification trompeuse pour des agressions et des guerres, qui nuisent à la démocratie et aux droits de l'homme dans ces pays victimes de ces conflits.

Asghar Farhadi

« Les cinéastes peuvent tourner leur caméra vers des qualités humaines communes et briser les stéréotypes de diverses nationalités et religions. Ils créent de l'empathie envers les autres. De l'empathie dont nous avons besoin plus que jamais », a lu encore Anousheh Ansari.

L'Académie des Arts et des Sciences a également fait un appel à l'ouverture dans un segment diffusé en milieu de gala et au cours duquel des cinéphiles du monde entier ont partagé leur film américain préféré.

L'acteur mexicain Gael Garcia Bernal, invité à présenter l'oscar du meilleur film d'animation, a pour sa part déclaré « qu'en tant que Mexicain, Latino-Américain, travailleur migrant, être humain, je m'oppose à toute forme de mur qui pourrait nous séparer », en référence au projet du président Trump à la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

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