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L'Ontario augmente ses tarifs pour l'eau embouteillée

Les nouveaux tarifs imposés notamment à l'industrie de l'eau embouteillée, qui entrent en vigueur aujourd'hui en Ontario, sont maintenant les plus élevés au Canada. Les redevances sont multipliées par 135 et passent de 3,71 $ à 503,71 $ par million de litres d'eau puisés.

Un texte de Christian Noël

La compagnie Nestlé et la ville de Guelph étaient à couteaux tirés l’été dernier. Nestlé puise l’eau pour son usine d’embouteillage d’Aberfoyle dans la même nappe aquifère dont la ville se sert pour son eau potable.

Nestlé a quand même pris des mesures de conservation volontaire. Mais cet événement a incité le gouvernement ontarien à réviser sa loi et à augmenter ses tarifs visant le prélèvement de l’eau potable.

Cependant, ces nouveaux tarifs de 503,71 $ par million de litres d’eau demeurent trop faibles au goût des environnementalistes « Ce n’est pas suffisant pour freiner l’expansion de cette industrie en Ontario, croit Mike Nagy. Ces entreprises s’approprient nos ressources naturelles pour une bouchée de pain ».

Par exemple, dit Mike Nagy, Nestlé puise au minimum 300 millions de litres d’eau par année dans la région de Guelph. Ses redevances passeront donc de 1000 $ à 150 000 $/année, une somme « ridiculement faible pour une multinationale », croit Mike Nagy.

Le ministère ontarien de l'Environnement fait valoir que les nouveaux frais seraient parmi les plus élevés au pays. La Colombie-Britannique facture 2,50 $ le million de litres et le Québec 70 $.Pour sa part, Nestlé, par voie de communiqué, accepte la nouvelle tarification de la province.

Plusieurs groupes, comme le Conseil des Canadiens et même l’Assemblée des chefs autochtones de l’Ontario, demandent que le gouvernement interdise complètement l'extraction de l'eau pour la mettre en bouteille afin de protéger la ressource. D’autres exigent une consigne sur les bouteilles de plastique.

Le prix de l’eau : un terrain glissant

Le gouvernement ontarien précise qu’il n’impose pas une taxe sur le prélèvement de l’eau potable, mais qu’il cherche simplement à récupérer ses dépenses engagées pour la réglementation et la surveillance de l’industrie.

La raison est simple, la province ne souhaite pas créer un dangereux précédent, affirme Ashley Wallis, la directrice des dossiers de l’eau potable pour le groupe Défense environnementale.

Ce serait alors plus difficile, ajoute-t-elle, de protéger cette ressource naturelle. La demande en eau potable va continuer d’augmenter partout à travers le monde, en raison de l'augmentation de la population et des changements climatiques, indique Mike Nagy.

Un moratoire sur tous les permis d'embouteillage de l'eau souterraine en Ontario demeure par ailleurs en vigueur jusqu'au 1er janvier 2019.

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