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L'Ontario rejoint le marché du carbone du Québec et de la Californie

L'Ontario rejoindra le marché intégré du carbone formé par le Québec et la Californie à compter du 1er janvier prochain. La première ministre ontarienne Kathleen Wynne a signé aujourd'hui l'entente d'harmonisation du programme de plafonnement des émissions de gaz à effet de serre (GES) en compagnie du premier ministre du Québec et du gouverneur de la Californie.

« Les changements climatiques sont un problème mondial qui nécessite des solutions à l’échelle mondiale », a déclaré la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne.

L'annonce a été faite en marge du septième conseil conjoint des ministres du Québec et de l’Ontario auquel avait été convié le gouverneur californien Edmund G. Brown pour participer à la séance de signatures.

Le Québec et la Californie étaient jusqu'ici les deux seuls partenaires du marché nord-américain du carbone. Ils avaient officiellement lié leurs systèmes le 1er janvier 2014, créant ainsi le début du marché commun auquel se joint maintenant l'Ontario.

« C’est une étape importante puisque nous formons le plus grand marché du carbone d’Amérique du Nord, a déclaré Mme Wynne. Les deux plus grandes provinces [canadiennes] et le plus gros État [américain] travaillant ensemble. Je crois qu’on ne peut pas surestimer le rôle de leader que nous jouons à titre de plus grosses entités politiques. En allant de l’avant, nous allons entraîner d’autres gouvernements à notre suite. »

Dans ce marché conjoint, il n'y a pas de distinction entre les unités d'émission de GES émises par le Québec et celles émises par la Californie ou l’Ontario. C'est-à-dire qu'une entreprise québécoise ou ontarienne peut acheter des crédits compensatoires à une entreprise californienne et inversement.

Le gouvernement établit un plafond annuel du nombre d'unités d'émission qu'il met en circulation. Pour 2015, ce plafond avait été fixé à 65,3 millions de tonnes d'équivalent CO2 au Québec alors que celui de la Californie atteignait 447 millions de tonnes d’équivalent CO2.

Au Québec, ce nombre va diminuer progressivement pour atteindre un peu moins de 55 millions en 2020.

« C’est efficient, c’est élégant et ça marche » - Edmund G. Brown

« Nous avons rejoint ce marché parce que nous croyons que c’est le meilleur plan et la façon la moins coûteuse de réduire les GES, a estimé Mme Wynne. Elle nous permet de faire croître notre industrie et de réinvestir dans la réduction des GES tout en améliorant la technologie. Et, ce faisant, nous générons de la croissance économique. »

L’approche du marché du carbone est également favorisée par le gouverneur Brown. « C’est efficient, c’est élégant et ça marche », a-t-il déclaré. « Nos trois gouvernements franchissent une nouvelle étape tout en effectuant une prise de position qui sera bientôt imitée. »

M. Couillard a ajouté que l’avantage de l’approche du marché du carbone, en comparaison avec une simple taxe sur le carbone, est que le mécanisme du marché régule lui-même le prix des GES alors que la taxation doit être constamment augmentée par les gouvernements. Or, ces derniers répugnent souvent à effectuer des hausses de taxes, une manœuvre politiquement impopulaire.

Le gouverneur de la Californie a souhaité la bienvenue à Mme Wynne en lui mentionnant qu’elle venait de joindre un mouvement très puissant de décarbonisation de la planète. « C’est un pas de plus vers la très difficile tâche de décarboniser l’économie de la planète », a déclaré M. Brown.

« Présentement, nous n’avons pas de plan pour contrer les changements climatiques à Washington et dans les hautes sphères du pouvoir, a-t-il déploré. Mais, à la base, au niveau des États, il y a un mouvement très puissant en pleine croissance pour s’assurer que notre civilisation prospère en harmonie avec la nature. »

« L’économie et l’environnement vont de pair, a rappelé M. Couillard. C’est un faux choix que de demander aux gouvernements de choisir entre l’économie et la protection de l’environnement et les changements climatiques. Il faut faire les deux en même temps. »

Soulignant que la Chine allait lancer son propre programme de réduction des GES, les trois dirigeants croient plusieurs autres gouvernements leur emboîteront le pas. « Nous tournons le dos à l'économie de l'ancien monde », a conclu M. Couillard.

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