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L'ONU se prononce contre les colonies israéliennes en Cisjordanie

Après une abstention des États-Unis, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution réclamant l'arrêt de la colonisation israélienne. La décision des États-Unis de ne pas recourir à leur droit de veto pour soutenir Israël, un allié traditionnel, a suscité de vives réactions tant en sol américain qu'à l'étranger.

L’État d’Israël avait précédemment demandé aux États-Unis d’appliquer leur droit de veto pour bloquer l’adoption de la résolution, une requête également formulée par le président américain désigné, Donald Trump.

L’abstention des États-Unis a donc pris de court l’État hébreu. Une source proche du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a déclaré que les États-Unis avaient tout bonnement « abandonné Israël ».

Le bureau du premier ministre israélien a dénoncé l’adoption d’un texte supposément « anti-Israël » et a fait savoir qu’il n’avait « nullement l’intention de s’y conformer ».

L’administration Obama n’a pas seulement échoué à protéger l’État d’Israël contre cette clique [anti-israélienne] aux Nations unies, elle a carrément manigancé avec elle en coulisse.

Extrait d'un communiqué du bureau du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou

L’ambassadeur israélien aux Nations unies, Danny Danon, qui avait qualifié la résolution d'« initiative visant à faire mal à Israël », a aussi vivement critiqué le silence américain.

Nous nous attendions à ce que le plus grand allié d’Israël agisse en concordance avec les valeurs que nous partageons et qu’il oppose son veto à cette résolution disgracieuse.

L’ambassadeur israélien aux Nations unies, Danny Danon

Danny Danon a toutefois déclaré qu’il n’avait « aucun doute » que la prochaine administration américaine combinée à l’entrée en poste d’un nouveau secrétaire général aux Nations Unies signifierait le début d’une nouvelle ère dans les relations de l’ONU et d’Israël.

Le bureau du premier ministre israélien a réitéré les propos de son ambassadeur en affirmant que « l’État d’Israël avait hâte de travailler avec le futur président Donald Trump ainsi qu’avec tous ses amis au Congrès – républicains et démocrates – afin d’élimer les effets nocifs de cette résolution absurde ».

L’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Samantha Power, a répliqué que la résolution contenait des informations « reflétant la réalité sur le terrain » et qu’elle était « cohérente avec les politiques américaines ».

On ne peut pas à la fois se faire le défenseur d'un accroissement des colonies israéliennes et d'une solution à deux États qui soit viable pour mettre fin au conflit. Il faut faire un choix entre la colonisation et la séparation.

L’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Samantha Power

Le secrétaire d’État américain, John Kerry, a lui aussi appelé au développement d’une solution à deux États.

Un représentant de la Maison-Blanche a par ailleurs mentionné qu’en l’absence d'un processus de paix raisonnable, l’administration Obama avait jugé préférable de s’abstenir de se prononcer sur la résolution.

Le représentant a ajouté que le premier ministre israélien avait eu « toutes les occasions d’approuver et de mener des politiques qui auraient pu contribuer à changer l’issue du vote ».

Donald Trump en désaccord

Le futur président américain a fait écho aux propos de l’ambassadeur israélien en prévenant sur Twitter que « les choses seront différentes aux Nations unies après le 20 janvier », soit la date de son investiture.

De nombreuses voix se sont élevées dans le camp républicain pour dénoncer l’issue du vote.

Le président de la Chambre des représentants, le républicain Paul Ryan, a qualifié la situation de « complètement honteuse » et de « grave coup porté à la paix ».

Le sénateur républicain John McCain a quant à lui dénoncé « la complicité des États-Unis dans ce qui constitue une attaque scandaleuse » contre l’État hébreu.

La résolution réclamant l'arrêt de la colonisation israélienne avait été proposée dans un premier temps, jeudi, par l'Égypte, qui a finalement décidé de faire marche arrière sous les pressions d'Israël et de Donald Trump.

La résolution a de nouveau été présentée plus tôt vendredi, cette fois à l’initiative de la Nouvelle-Zélande, de la Malaisie, du Venezuela et du Sénégal.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon a accueilli favorablement son adoption.

« Le secrétaire général profite de cette occasion pour encourager les leaders palestiniens et israéliens à travailler avec la communauté internationale pour créer un environnement propice à des nouvelles rondes de négociations », a fait savoir le porte-parole de Ban Ki-Moon, Stephane Dujarric.

Nabil Abou Roudeina, porte-parole de la présidence palestienne, a affirmé que l'adoption du texte représentait « un grand camouflet » pour Israël.

Il s'agit d'une condamnation internationale unanime de la colonisation et d'un fort soutien à une solution à deux États.

Nabil Abou Roudeina, porte-parole de la présidence palestinienne

« Il s’agit d’un jour de victoire pour le droit international, une victoire pour la civilité et la négociation et un rejet complet des forces extrémistes en Israël », a pour sa part déclaré le chef négociateur du camp palestinien, Saeb Erekat.

C'est en fait la première résolution à être adoptée en huit ans sur le conflit israélo-palestinien par le Conseil de sécurité.

L’adoption de la résolution, appuyée par les 14 autres membres du Conseil, a été accueillie sous un tonnerre d’applaudissements par les dignitaires présents lors du vote.

 

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